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• Le SAVOIR-VIVRE

Quand et comment a commencé le SAVOIR-VIVRE ?

 On ne peut faire du bien à tout moment,

mais on peut toujours dire des choses qui plaisent (Voltaire)

 

Ce n'est qu'au Moyen-Age que tout cela a commencé...

Hugues de Saint Victor nous apprend que le peuple tout comme les grands, mangent avec leurs doigts et se mouchent avec leurs mains. Il recommande à chacun de ne pas remettre au plat les viandes déjà mises dans les écuelles, de ne pas tremper ses doigts dans son breuvage, de ne pas torcher des mains sales et grasses à ses vêtements pour les retourner ensuite à manier les viandes.

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"Certains avec leurs doigts nus, au lieu de cuiller, pillent leurs choux, de telle sorte qu'ils semblent se laver les mains en même temps qu'ils mangent. D'autres s'en vont tremper dans la soupières ou dans le plat, pour y quêter de la viande ou du potage, des croûtes de pain à moitié léchées ou déjà mordues par eux et y laissent ainsi, surnageant dans la sauce ou dans le potage, les reliques de leurs dents."

Voici le tableau qu'en a brossé, et d'une manière si pittoresque Hugues de Saint Victor, comment on mangeait au Moyen Age.

Les vieux chroniqueurs nous apprennent que jusque la moitié du XVI°siècle il n'y avait dans les repas qu'un verre pour toute la table. Chez les pauvres gens, le verre était remplacé par une tasse ou un bol. S'il advenait que chez un seigneur riche, il y eut un verre pour deux convives, il était recommandé que celui qui buvait de le vider complètement, afin de ne pas laisser au voisin un liquide approché par d'autres lèvres. 

Nous avons dit qu'on se mouchait avec les doigts. Mais l'homme bien élévé se distinguait du rustre en se mouchant avec les doigts de la main gauche, la main droite étant réservée à manier la viande au plat.

 

Manger3.jpgLa civilité de la table permet encore de manger la viande avec les mains. Manger5.jpg

Mais le "fin du fin" recommandé dans les manuels, est de ne saisir la viande qu'avec trois doigts. Ce rite des trois doigts s'applique aussi au "boire".

A l'époque de la renaissance, de même qu'au Moyen Age, la cuillère aidait à manger. Chacun des convives puisait avec elle dans la soupière ou dans le plat, puis la ramenait à sa bouche et ensuite repartait au plat. 

C'est Nicolas bonnefous, valet de chambre du roi qui dit "les assiettes des conviés seront creuses, afin que l'on puisse se faire représenter du potage ou s'en servir soi-même ce que chacun désirera  manger".

Ce n'est qu'au XVII°siècle qu'on s'avisa que quelques-uns des convives pouvaient y trouver du dégoût. 

Il était permis encore de bâiller en société à la condition que ce ne soit pas en parlant ; il n'était pas défendu non plus de cracher par terre, pourvu qu'on écrase de son pied le crachat ainsi expectoré.

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A la cour de Louis XIV, on savait saluer avec élégance, mais on ignorait souvent les bonnes manières, celle qui font la politesse et la courtoisie véritable. Cependant la cour de France apparaissait alors aux étrangers comme un modèle de goût raffiné, de bonne tenue et d'élégance.

Au XVII° siècle, il était dans la manière constante des nobles de rosser leurs valets et même parfois les gens de leur maison

Les corps et les vêtements sont sales, les pratiques et les usages le sont aussi, sans que personne s'en montre scandalisé. Le roi et les grands seigneurs  reçoivent sur leur chaise percée leurs amis et leurs familiers. Le grand Dauphin reçoit même les dames en cette posture, mais par pudeur celles-ci lui parlent en lui tournant le dos. Au temps de Louis XIV, il n'y avait pas moins de 274 chaises percées dans le palais.

On a créé au XVI° siècle les "belles manières" ; on les a complétées et développées au XVII° siècle ; on n'a pas encore inventé les "bonnes manières", celle qui constituent vraiment la politesse et les convenances. Le siècle de la "chaise percée" est certes un grand siècle à beaucoup d'égards.

Sous le règne de Louis XIV, la cour de Versailles avait grand air : on y gardait de la tenue. Mais, cette tenue se perds sous la Régence.

L'étiquette et les règles prescrites par les civilités sont les mêmes mais le relâchement des manières suit le relâchement général des mœurs. Il y manque l'élégance d'antan...

(Pour lire la suite, voyez le l'Encyclopédie pratique de la POLITESSE et du SAVOIR-VIVRE, (←cliquez)

 

***

Du reste, ces quelques extraits donneront une idée de ces petits ouvrages qui, fort lus par les générations de l’époque, leur ont inculqué ces principes de politesse et de galanterie qui ont fait le renom du gentilhomme français.

 

L’ouvrage traite d’abord du maintien dans le monde :

 

— En bâillant ne faut point hurler, et faut s’abstenir de bâiller même quand tu parles.

 

— Quand tu te mouches, ne sonne trompette du nez et après ne regarde pas dans ton mouchoir ; garde de te moucher comme les enfants, avec les doigts ou avec la manche.

 

— Ecoutant une personne parler, ne frétille point en toi-même, ne pouvant tenir en ta peau et faisant l’entendu.

 

— Ne tue puces où autres bestioles en présence d’autrui ; et si tu vois quelque ordure, comme gros crachat ou semblable chose en terre, mets-y le pied dessus dextrement ; si cela était sur les habits de ton compagnon, ne le montre aux autres, mais ôte-le gentiment si tu peux.

 

— Ne sois pas hargneux, mais aimable et courtois.

 

— Ne cours pas les rues et ne marche aussi trop lentement, ni la bouche ouverte ; ne te démène en marchant, ne va dandinant, ne tiens les mains pendantes contre terre, ne te retrousse les chausses à tout propos.

 

— Ne porte ton manteau sous le bras à la façon des rodomonts ; si tu le poses, plie-le et prends garde où tu le mets.

 

— Ne te parade regardant tout à l’entour si tu es bien attifé, si tes bas sont bien tirés et habits bien agencés.

 

— Ne t’enjolive de fleurs sur l’oreille.

 

— Ne porte ton mouchoir ou à la main, ni à la bouche, ni pendu à la ceinture, ni dessous le bras, ni sur les épaules, ni dessous la robe ; mets-le en lieu qu’on le voie et d’où tu le puisses tirer quand tu en auras à faire.

 

— Garde-toi de le présenter aux autres, bien que tu ne t’en fusses quasi point servi.

 

— Ne hausse la voix comme le ferait crieur d’édit.

 

Ainsi se suivent les conseils pour le maintien dans le monde et pour indiquer la manière de porter convenablement les différentes parties du costume. Viennent alors les bonnes manières à table :

 

— Étant assis à table, ne te gratte point, et garde-toi tant que tu pourras de cracher, tousser ou te moucher, ou fais-le dextrement sans beaucoup de bruit.

 

— Ne mange des deux joues et pleine bouche.

 

— Ne fais la soupe au vin si tu n’es le maître de la maison.

 

— Ne montre nullement d’avoir grand plaisir à la viande et au vin.

 

— Prenant du sel, prends garde que le couteau ne soit gras ; quand il le faut nettoyer ou la fourchette ; on le peut faire honnêtement avec un peu de pain ou avec la serviette, mais jamais sur le pain entier.

 

— Ne flaire les viandes, et si d’aventure tu le fais, ne les remets pas après devant un autre.

 

— N’engraisse ton pain tout à l’entour avec les doigts, mais, le voulant couper, torche tes mains auparavant.

 

— C’est une chose fort indécente de s’essuyer le visage et la sueur avec la serviette, ou avec la même se nettoyer le nez, l’assiette ou le plat.

 

— Ne dois te lécher les doigts, les léchant, avec grand bruit.

 

— Étant sorti de table, ne porte le cure-dent en bouche ou sur l’oreille beaucoup pis fait celui qui le porte attaché au col. Or, la coutume est qu’on sert les cure-dents sur un beau plat. Finalement, sur un linge de belle et fine toile étendu sur la table, se met le plat-bassin et se donne l’eau à laver ; s’il y a à table une singulière prééminence, on lui donne une serviette particulière, et aux autres la leur, approchant d’eux le bassin en telle façon qu’ils y arrivent deux ou trois ensemble.

Le texte est écrit en français avec traduction latine ; de cette façon, les étrangers qui ne parlaient pas la langue de notre pays pouvaient être initiés à ses belles manières.

 

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15/06/2017
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