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Dictionnaire d'ARGOT

Auteur: LA RUE Jean
Editeur: Librairie E. FLAMMARION
Volumes: 1 volume in-16° (14x9) 192 pp
Année: sd (début de siècle)

Dictionnaire d'ARGOT

ArgotNET

et des Principales Locutions Populaires par Jean LA RUE précédé d'une Histoire de l'Argot par Clément CASCIANI. Reliure d'édition carton vert toilé, pièce de titre, titre doré, 192 pages très jaunies.

L'origine de l'argot remonterai au jargon de XVe siècle et pour berceau la cour des Miracles.

On y apprend qu'avant le XVe siècle, les bandes organisées pour le vol et la mendicité n'existaient pas car les Français, serfs pour la plupart, avaient la nourriture assurée par leur servage. Le seigneur, en effet était obligé par la loi, d'assurer la subsistance de l'homme qui dépendait de lui. Il devait, dit un capitulaire de Charlemagne nourrir son pauvre des fruits de son bénéfice ou des ses revenus et ne pas lui permettre d'aller mendier ailleurs ; tout homme trouvé en état de mendicité devait être forcé de travailler et il lui était défendu de faire l'aumône. S'il ne voulait pas travailler on le pendait. Le brigandage restait le privilège des barons qui, du haut des tourelles de leurs châteaux, surveillaient les routes pour piller les voyageurs...

A Paris, les truands et les gueux, on le sait, vivaient dans une sorte de communauté, sous l'autorité du grand coësre, dans la cour des miracles, cité étrange située entre la rue Montorgeuil, la rue Saint-Sauveur et le couvent des Filles-Dieu. Là, la police n'avait plus de droits et le scélérat se trouvait en sécurité... Et puis un truand veilleur donnait l'alere quand il apercevait un soldat du roi... et tous disparaissaient soudainement. C'est dans cette cour des Miracles que se fabriquaient les faux infirmes, que se tenait école de mendicité et de vol... On s'étonne que l'autorité ait toléré aussi longtemps l'existence d'un pareil repaire de malfaiteurs, sorte de défi à la société des honnêtes gens... mais ils jouissaient de la protection secrète du clergé. C'étai parmi eux que les moines recrutaient le personnel de leurs miracle. Souvent dans les rues de Paris, alors que passait une procession de religieux portant sur leurs épaules la châsse contenat les reliques du saint patron, on voyait un lépreux, un boiteux, un épileptique ou un paralytique se traînant sur les genoux jusqu'à la châsse, la toucher et se relever subitement guéri. Alors on criait au miracle, et malheur à qui en eut douté, car le gueux simulait son infirmité depuis de longues années, et il était connu dans la foule comme incurable. Chacun dans cette petite supercherie y trouvait son compte : le clergé ravivait la foi des fidèles et les gueux le profit pécuniaure... Les moines étaient les négociateurs de ces sortes de marchés. Eux seuls pouvaient pénétrer librement en impunément dans cette cour des Miracles dont le nom évidemment, provenait du grand nombre de guérisons "miraculeuses" qui s'opéraient de la façon que nous venons de dire. Et ce ne fut qu'en 1656 qu'elle fut détruite par une armée d'archers.

L'ORIGINE des ROMS : Il est bien établi que le pays d'origine des Tziganes est l'Inde. Après bien des migrations, des bandes de milliers d'individus se présentèrent en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne. C'est alors qu'on leur donna le nom de Bohémiens, sans doute parce que l'on croyait qu'ils arrivaient de Bohème. N'ayant d'autres professions que celles de jongleurs, baladins, chanteurs, diseurs et diseuses de bonne  aventure, vivant presque uniquement de rapines. Ils répendaient la terreur partout où ils se montraient. Ils ne tardèrent pas devenir les plus redoutables et les plus cruels malfaiteurs, pillant sans relâche, assassinant souvent, volant ou tuant les enfants. Beaucoup d'entre eux furent pris et pendus. En 1539, un arrêt du Parlement les explulsa de France et en 1622 un nouvel arrêt du Parlement les obligea à quitter immédiatement le pays avec défense de revenir. Ils revinrent cependant dans la suite, et aujourd'hui on rencontre quelquefois dans les campagnes leurs caravanes déguenillées . On les appelle Bohémiens, Tziganes, Romanigos. Ils se donnent eux-mêmes le nom de ROM, c'est à dire hommes. Leurs moeurs et leurs coutumes sont restées les mêmes que jadis, avec cette différence qu'ils s'abstiennent maintenant de commettre des crimes car ils savent qu'ils sont étroitement surveillés par la police qui ne leur laisse que de courtes haltes auprès des villes. Les hommes sont le plus souvent chaudronniers ou maquignons. Les femme disent la bonne aventure ou pratiquent diverses escroqueries et celles qui sont mariées passent pour avoir des moeurs incorruptibles. Les jeunes filles sont danseuses ; quelques-unes sont d'une grande beauté.