Le DICO du livre, de la reliure, du bibliophile 1 A - En

Sources diverses (mediadix, Galaxidion, Liberlibri, antic books, Unesco Bibliographical Handbooks)
DICO 1 A - En
A
ACCENTUATION On attribue l'invention des accents au grammairien Aristophane de Byzance qui vivait en Égypte deux cents ans avant notre ère. Les Romains, dès le temps d'Auguste, firent d'abord usage de l'accent aigu et de l'accent grave, mais seulement pour distinguer les mots d'orthographe semblable. Les écrivains français paraissent avoir commencé à se servir régulièrement des accents durant les premières années du XVIe siècle. L'imprimeur parisien Geoffroy Tory créa dès 1525 les accents, la cédille et l'apostrophe, son premier livre avec ses nouveautés parut le 7 juin de l'année 1533.
ACIER Gravure au burin faite sur une plaque en acier qui sera ensuite adoucie à l'acide. Ce procédé apparait dans le courant du 19eme siècle pour illustrer et agrémenter les livres.
ACHEVÉ D'IMPRIMER Mention placée à la fin d'un livre et indiquant la date à laquelle l'impression en a été terminée ainsi que, généralement, le nom de l'imprimeur.
ADDENDA ou ADDENDUM Mot latin. Se dit de ce qu'on ajoute ou de ce qu'il faudrait ajouter à un ouvrage.
ADRESSE (Adresse bibliographique) Indication du lieu d’un livre.
AIS En reliure, Plat de bois recouvert de peau (remplacé au XVI° par du carton)
ALBUMS AMICORUM Appellés aussi liber amicorum . Cahiers composés de papiers en tous genres, généralement bien reliés. Ils sont le plus souvent destinés à un dédicataire en hommage duquel, les amis ont reunis de courts tex tes, des poésies, des dessins, éventuellement des photographies.
ALDE Célèbres imprimeurs humanistes vénitiens de la fin du XVe et du XVIe siècle, dont le fondateur fut Alde Manuce. On parle d'une "impression Aldine", reconnaissable à sa marque d'imprimeur composée d'une ancre et d'un dauphin.
ANASTATIQUE Réimpression, reproduction par décalque sur une pierre lithographique, permettant un tirage à l'identique peu onéreux.
ALFA (Papier) Nom donné à une qualité de papier ayant pour base la plante de même nom qui est une graminée agrostide d'Algérie. Ce papier est souple et résistant. Néanmoins il est rarement blanc et il a l'inconvénient ou la réputation d'être translucide.
ALMANACH
Nom donné aux divers annuaires ou publications ayant vaguement pour base le calendrier.
AMATEUR (Reliure) Par l'expression "reliure amateur", on désigne traditionnellement une demi-reliure à coins.
ANEPISTOGRAPHE
Imprimé que d'un seul coté du papier. Les impressions chinoises et les ouvrages xylographiques étaient anépistographes. La presse, en remplaçant le fronton, permit d'imprimer recto et verso.
ANONYME Livre dont le nom de l'auteur demeure inconnu.
ANTIPHONAIRE D'antiphone ou antienne. Romain ou grégorien, ce livre liturgique contient tout le chant noté des offices de la journée et de la nuit. Recueil de chants pour un office religieux(en général chrétien). Il rassemble les diverses parties de l'office chantées dans le chœur. Il est vespéral lorsqu'il contient des psaumes et des hymnes. Il est graduel quand il contient des chants de messe.
APPENDICE Ensemble de remarques et de notes à la fin d'un ouvrage.
AQUARELLE Méthode de peinture utilisant un pigment dilué à l'eau. Elle joue sur la tranqparence des couleurs et la blancheur du support papier.
AQUATINTE Gravure imitant les dessins au lavis.
APOCRYPHE Se dit de tout ouvrage dont l'auteur est inconnu ou supposé et dont l'autorité est douteuse.
ARCHES (Papier d') Arches est un village dans le département des Vosges. Les Papeteries d'Arches y fabriquent, depuis 1492, un papier qui, par sa pureté et sa solidité, est réservé aux éditions de luxe.
ARMES (livre aux) En reliure. Marques héraldiques de possession frappées sur une reliure, au fer à dorer, les armoiries de son possesseur. C'est à partir de Charles VIII que les reliures se sont enrichies d'armoiries.
ARS MORIENDI (ou ars bene moriendi)
Littéralement" l'art de bien mourir" sont des livres religieux chrétiens destiné à méditer sur la mort et ainsi se préparer à bien mourir. Ces livres, ornés de gravures sur bois d'excellente facture et très expressives furent le plus souvent éditées aux origines de l'imprimerie. Cependant nous distinguerons les éditions typographiques qui sont pour la plupart des recueils de prières et de méditation, alors que les éditions xylographiques se présentent sous forme d'exhortation faites à un mourant par un démon et par un ange en alternance. Leur diffusion principalement populaire expliquait l'excès d'iconographie, car elle était réservée à un public majoritairement analphabète.
ASSEMBLAGE Action de rassembler, dans le bon ordre, les différents cahiers d’un livre en vue de leur reliure ou de leur brochage.
ATLAS Recueil de cartes géographiques, qui comportent parfois du texte et dont le frontispice représentait Atlas personnage de la mythologie grecque et latine que l'on représentait portant la voûte céleste sur ses épaules, à l'origine de la création.
AUTEUR Celui qui écrit le texte. Une fois son texte terminé il va le proposer à un éditeur pour qu’il le publie. Un livre peut avoir plusieurs auteurs.
AUTOGRAPHE Original d'un texte écrit de la main même de son auteur.
AUVERGNE Papier pur chiffon, fabriqué à la main, dans cette région de France et, en particulier au moulin Richard de Bas, à côté d'Ambert en Livradois.
AVANT LA LETTRE Epreuve d'une estampe réalisée avant l'impression du texte que l'on place sous l'image: titre, auteurs, lieu, etc. Ces épreuves, au tirage souvent plus intense que les suivantes, sont très appréciées des bibliophiles.
B
BANDEAU Ornement décoratif en forme de bande s'étalant sur toute la largeur de la page au début d'un chapitre , anciennement gravé sur bois. Il peut être constitué de lettres ou de mots rappelant le titre du chapitre. On utilise aussi le néologisme "bandeau de coin" pour désigner la bande placée en travers d'un des coins de la couverture d'un périodique dans le but d'attirer l'attention du lecteur sur un sujet qui y est traité.
BARBES Irrégularités autour d'une feuille de papier, particulièrement du papier fait à la main. Loin d'être considérées comme un défaut, elles seront conservées par le relieur. Ce dernier se contentera de les égaliser discrètement si elles sont trop inégales, opération que l'on appelle l'ébarbage.
BASANE Peau de mouton tannée avec des substances végétales, couramment utilisée en reliure. Ce cuir, à fleur unie et à chair assez lâche, est utilisé pour les reliures ordinaires généralement laissé de teinte naturelle, il peut être : mat : uniforme : bigarré : raciné ou moucheté, suivant l'aspect de la peau. Ce cuir souffre souvent d'épidermure, c'est-à-dire que la fleur (partie externe de la peau) laisse apparaître facilement la chair (partie interne de la peau).
BELLE PAGE Recto d'un feuillet. Toutes les pages de droite, impaires sont donc des belles pages. Dans les travaux soignés, les débuts de chapitres doivent être en belle page car c'est sur elle que se porte d'abord l'attention du lecteur. On entend également belle page uniquement pour celle débutant par un titre de chapitre, auquel cas elle n'est généralement pas foliotée. Le terme belle page est moins usité que son synonyme recto.
BIBLE Papier mince, fort et opaque employé surtout pour l'impression des bibles, missels et dictionnaires. II peut aussi être utilisé pour des éditions de luxe.
BIBLE La "Bible" est la forme courante en français. Biblia sacra désigne la forme savante universelle en latin. Ensemble des textes sacrés pour les religions chrétienne et juive, écrits par des auteurs différents, à des époques différentes. La Bible est traditionnellement divisé en "Ancien" et "Nouveau " Testament par les chrétiens. Le canon hébraïque ne reconnaît que les 39 livres de l'Ancien Testament. Le canon catholique reconnaît 45 livres dans l'Ancien Testament (en comptant les livres de la version grecque des Septante) et 27 livres dans le Nouveau Testament. Le canon protestant reconnaît 39 livres dans l'Ancien Testament (comme le canon hébraïque) et 27 pour le Nouveau" Testament. La Bible chrétienne commence toujours par la Genèse et s'achève par l'Apocalypse. Bible Mazarine Ce nom fut donné à la première édition de la Bible imprimée à Mayence en 1455, par Gutenberg et ses associés, dont un célèbre exemplaire complet fut découvert par le bibliophile français de Bure. Elle est conservée à la Bibliothèque Mazarine, à Paris.
BIBLIOGRAPHE Personne s'occupant des répertoires où sont notés toutes les publications concernant un ou des sujets précis.
BIBLIOGRAPHIE Désigne à la fois la science du livre et toute notice, catalogue, répertoire des écrits, en général des livres, sur un sujet, d'une époque ou d'une provenance donnés. C'est "la connaissance des livres sous tous leurs aspects" (Mafclès). Plus couramment, c'est la liste donnant l'ensemble des ouvrages publiés sur un sujet donné. Elle peut être sélective ou exhaustive, analytique ou critique, spécialisée, systématique ou encore rétrospective. Dans une bibliographie, on indique au minimum le nom de l'auteur, le titre de l'ouvrage, le lieu d'édition, le nom de l'éditeur, l'année d'édition et le nombre de pages.
Pour un roman, cette liste est souvent constituée des ouvrages de l’auteur.
Pour un livre documentaire c’est souvent une liste de livre sur le même thème.
BIBLIOLETIE Ce mot s'applique aux personnes possédant une riche bibliothèque et qui oublient ce qu'elles ont lu.
BIBLIOMANCIE Divination qui se pratiquait au hasard de la Bible ou tout autre livre, en tirant du passage sur lequel on était tombé des conclusions pour l'avenir.
BIBLIOMANIE Passion excessive pour les livres.
BIBLIOPHAGE Se dit des petite insectes ou vers, qui s'installent dans les bibliothèques et attaquent le bois des rayons, le cuir, la colle, les reliures et le papier des livres. Le mauvais entreposage en est souvent la cause: endroit mal aéré, trop humide, cave malpropre, etc. Il y a des êtres humains (on cite les Tartares autrefois) qui mangeaient les livres, pensant en assimiler la science. On raconte que Bernabo Visconti, en 1730, contraignit deux légats pontificaux à manger les bulles d'excommunication qu'ils lui apportaient.
BIBLIOPATHE Maladie névrotique qui se caractérise par un excès de bibliomanie.
BIBLIOPHILIE La bibliophilie c'est l'amour des livres ; le terme bibliophilie est forgé à partir des mots grecs biblion (livre) et philia (amour) vers la fin du Moyen Âge, c'est-à-dire dans la période d'épanouissement des études classiques. Richard de Bury, érudit anglais du XVIe siècle, appela Philobiblon son traité de bibliophilie (le plus ancien que l'on connaisse). Les mots bibliophile et bibliophilie n'entreront vraiment dans l'usage qu'au XVIIe siècle. Si ces expressions sont relativement récentes, l'amour du livre et le désir de le conserver sont aussi anciens que le livre lui-même.
BIBLIOPHOBIE Ce mot s'applique aux rois et aux peuples destructeurs de bibliothèques, non parce qu'ils n'aiment pas les livres, mais plutôt pour empêcher les doctrines renfermées dans ces livres, de se propager.
BIBLIOTHECAIRE Personne préposée à la gestion d'une bibliothèque.
BIBLIOTHEQUE VATICANE C'est la plus ancienne bibliothèque publique d'Europe, elle renferme plus de 25 000 manuscrits grecs, latins et orientaux. Le pape Nicolas V (1398-1455) la fit transférer de la basilique St-Jean de Latran au Vatican en lui donnant de nouvelles collections. En 1600, elle fut encore agrandie par Fulvio Orsini..
BOIS Procédé de gravure en relief exécuté sur une planche de bois. Contrairement aux procédés de gravure en creux, ce n'est pas le dessin que l'on veut imprimer qui est gravé, mais ce qui doit rester blanc sur le papier qui est creusé. L'image se retrouve ainsi en relief et sera enduite d'encre. Il existe deux types de gravure sur bois. La gravure sur bois de fil, exécutée sur une planche dont la coupe est longitudinale, et la gravure sur bois de bout, exécutée sur une planche dont la coupe est transversale. Cette dernière permet d'exécuter un plus grand nombre d'exemplaires et fut fréquemment utilisée à la fin du XIXe siècle dans l'édition de volumes et pour les illustrations de journaux.
BOIS ORIGINAL
Gravure sur bois dessinée et gravée par un seul et même artiste.
BOUGRAN Toile forte et gommée, plus prisée des bibliothécaires que des bibliophiles.
BOUFFANT (Papier) Sorte de papier vergé et épais à la surface rugueuse, d'une très grande légèreté.
BOUQUIN Du flamand " boeckin " qui signifie " vieux livre sans valeur ". On l'emploie aussi familièrement pour désigner un livre en général. Ses dérivés sont "bouquiner", c'est-à-dire rechercher de préférence de vieux livres; "bouquiniste", qui est le marchand de livres anciens, rares ou épuisés; "bouquinerie", qui est le lieu où l'on peut acheter ces vieux livres ; enfin "bouquineur" (rare), soit cet amateur de vieux livres qui aime bouquiner chez un bouquiniste.
BOURDON Omission d'un mot, d'une partie de phrase (ou ligne) ou d'une phrase entière dans une composition.
BOX En reliure, Peau de veau préparée au chrome, à l’aspect lisse et brillant, qui convient particulièrement à la reliure de luxe moderne.
BRADEL (Reliure) Inventé vers 1775 par le relieur Pierre-Jean Bradel. du nom de son inventeur. Reliure plus simple et moins onéreuse, réalisée en montant séparément la couverture et le brochage. Sa faciltié de réalisation en fait la reliure de prédilection des éditeurs. Moins solide que la reliure traditionnelle, elle est plus souple et facilite l'ouverture du livre à plat car les cartons sont placés en retrait des mors formant ainsi des sillons. Ce cartonnage, couvert de papier et/ou de toile, n'était à l'origine qu'une reliure provisoire, en attente de la pleine-peau définitive; pour cette raison on ébarbait à peine les tranches.
BREVIAIRE Livre religieux chrétien qui est une compilation de toutes les prières de l'office à l'exception de la messe. Le calendrier, psautier, hymnes, lectures bibliques, vie des saints, oraisons, bénédictions, prières y sont réunis pour toute l'année chrétienne. Le bréviaire à l'usage des laïcs est le livre d'heures.
BROCHER L'opération de brochage consiste à rassembler les feuilles imprimées en cahiers, qui sont ensuite liés ensemble par une couture, puis recouverts d'une feuille collée au dos des cahiers, que l'on appelle couverture. Donc un livre est "broché" lorsqu'il se présente sous cette forme, alors que dans un livre "relié" les cahiers sont protégés par des couvertures et un dos plus rigides en carton, recouverts de toile et/ou de cuir.
BROCHURE Livre broché a moins de cent pages, elles sont collées ou les cahiers cousus. Le fait qu'un livre soit broché (br.) est indiqué juste après la précision du format par exemple: in-16 br. Il s'agit donc d'un livre qui n'a comme reliure que le fil que l'imprimeur lui a mis et une simple couverture imprimée.
BURIN (Gravure au) Procédé d'impression en creux qui prend son nom de l'outil principal utilisé, le burin, qui est une tige en acier dont la pointe est taillée en biseau pour creuser le métal. La gravure au burin est un des principaux procédés utilisé en taille-douce pour obtenir une gravure à la ligne, au trait précis.
C
CAHIER Ensemble de feuillets obtenu par pliage d'une feuille de papier. On ne peut réaliser plus de 6 pliages successifs quelles que soient les dimensions ou l'épaisseur de la feuille utilisée. Les 6 plis ne sont janais utilisés en reliure car ne permettant pas un pliage soigné. Il porte une signature permettant l'assemblage. Un livre est constitué de plusieurs cahiers assemblés et cousus ensemble.
CALLIGRAPHIE Du grec callos (beauté) et graphô (écrire). La calligraphie englobe toutes les techniques qui permettent d'écrire à la main de beaux textes.C'est avant l'avènement de l'imprimerie, alors que les livres étaient exécutés à la main principalement dans les monastères, que la majorité des types de calligraphie furent inventés. Le texte était souvent réhaussé de motifs décoratifs et d'enluminures. Aujourd'hui on l'utilise surtout pour produire certains documents en petite quantité (diplômes, adresses, etc.) ou encore en publicité, lorsque la typographie ne suffit pas à satisfaire les besoin d'un ouvrage.
CARACTERES Nom générique sous lequel est désigné l'ensemble des signes alphabétiques d'une langue. Il y en a de différents modèles et de différentes grosseurs: romaine, italiques, de fantaisie, gras, maigres, etc. Il en existe en bois, en plastique, en bronze et surtout en alliage d'imprimerie.
CARTON Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la censure, ou quelquefois la simple volonté de l'auteur pouvait exiger, une fois le tirage terminé, que l'on procède à des modifications dans le texte. L'éditeur devait alors faire réimprimer certaines pages qui étaient substituées aux pages correspondantes du texte primitif. Ces nouveaux feuillets se nomment cartons.
CARTONNAGE Reliure légère, simplifiée, dont les plats et le dos sont en carton recouvert de papier imprimé ou non, quelquefois de toile ou de basane.
CARTOUCHE Vignette servant à entourer, à encadrer quelques lignes, ou un emblème, des armoiries, …
CASSE Casier en bois contenant les caractères.
CHAGRIN Cuir à petit grain, fabriqué à partir de peaux de chèvre, d’âne, de mulet, de cheval, très solide, qui peut être teinte de différentes couleurs et qu'on a surtout utilisé au XIX° siècle en reliure.
CHALCOGRAPHIE Gravure sur cuivre et, par extension, sur métal. Ce terme désigne également le lieu où l'on fait et où l'on expose des planches gravées par ce procédé.
CHARNIERE En reliure c'est l'articulation du plat et du dos d’un volume.
CHASSES Partie des plats de la couverture qui déborde du volume le long des trois tranches.
CLAUDON (reliure à la) Reliure en tissu ou étoffe, généralement luxueuse du nom de la bibliothèque de cette illustre courtisane qui s'en était fait une spécialité.
CHANDELLE (papier à) Papier gris, grossier, destiné au départ à l'emballage des chandelles. Il a servi à imprimer les livres de colportage.
CHIFFON (Papier) Les chiffons, principalement ceux de lin et de chanvre, constituaient autrefois la principale matière première du papier. L'utilisation de plus en plus grande de la pâte de bois à partir du milieu du XIXe siècle, amena les éditeurs à réserver le papier fait à partir de chiffons aux éditions plus luxueuses. Les papier à base de chiffons (que l'on appelle aussi pur fil) sont appréciés pour leur beauté et leur bonne tenue dans le temps.
CHIFFRE Entrelacement de deux ou plusieurs lettres initiales d'un nom.
CHINE Papier de teinte légèrement grisâtre fabriqué à partir d'herbes et de plantes fibreuses telles que le chanvre,
le jute, le bambou… La fabrication du papier de Chine remonterait à l'an 105 de notre ère et se prête particulièrement bien à l'impression des gravures.
CHROMOLITHOGRAPHIE Lithographie en couleur exécutée à l'aide de plusieurs pierres. A la fin du siècle dernier, ce procédé fut très répandu pour reproduire des images pieuses, des cartes postales, des publicités, des affiches et, bien sûr, pour l'illustration de livres.
COIFFE En reliure. Rebord incurvé qui surmonte le dos du volume relié, en tête et queue.
COINS En reliure, Renfort protégeant les angles d'un livre.
COLLATIONNER Décompte de l'ordre des feuilles et des cahiers, des planches et gravures hors texte, pour s'assurer qu'ils sont bien en place et que le livre est complet.
COLLECTION elle est constituée par un ensemble de livres qui ont des points ou des types communs.
La collection porte un titre. Par exemple : DICO-COLLECTION
COLORIAGE Action de colorier les hors-texte d'un ouvrage; au XIX° avec des couleurs à l’eau en jouant sur leur transparence et précedement avec des pigments opaques. On parle également de rehauts pour les hors-texte, les estampes et les gravures.
COLOPHON Derniers mots d’un incunable qui contient des précisions sur l’impression de l’ouvrage : auteur, titre, imprimeur, lieu, date, etc.
COLLATION examen précis d’un ouvrage afin de déterminer s’il est complet (pages, gravures, etc…).
COMPOSITEUR Ouvrier typographe chargé de composer un ouvrage.
COMPOSTEUR Règle de métal sur laquelle l'ouvrier place les caractères
CONTREPLAT Intérieur du plat d’une reliure.
CONTREFACON Reproduction frauduleuse d'une oeuvre littéraire, d'un livre.
COQUILLE Faute résultant, dans la composition typographique, d'une lettre ou d'un signe retourné, transposé ou mis à la place d'un autre. Désigne aussi une couleur de papier (coquille d'oeuf).
COPIE La copie est le texte manuscrit, dactylographié ou déjà imprimé, remis au compositeur pour le reproduire sous forme de composition typographique. (Voir Tapuscrit)
COPYRIGHT Dans le cas des livres, cette mention se rapporte aux dispositions légales relatives au droit d'auteur. Cette mention signifie que les droits de l'auteur d'un texte écrit ou ceux de son éditeur, sont protégés ou leurs sont réservés. Ces droits exclusifs de publication pour une période de temps déterminée sont aussi appelés "propriété littéraire".
CORAN Livre religieux sacré musulman, renfermant l'enseignement Islamique. Vient du mot arabe alcoran.
COTE (ou cotation) Référence composée de chiffres et de lettres inscrits sur une étiquette placée sur le dos de l'ouvrage, qui permet un classement précis dans les bibliothèques publiques.
CORPS Dimension du caractère : le corps s'exprime en points.
CORPS D'OUVRAGE C'est la partie de la reliure commençant à la couture et se terminant avant la couverture.
COUCHÉ Papier traité à l'aide de pigments adhésifs, de laque ou de vernis, pour le rendre lustré. Ce procédé rehausse la qualité d'impression.
COUVERTURE Les livres étaient autrefois tous destinés à être reliés. On les mettait sur le marché soit déjà reliés, soit recouverts d'une simple feuille de papier sans impression (couvertures muettes). Vers la fin du XVIIIe siècle apparaissent les premières couvertures imprimées qui reprennent les informations contenues sur la page de titre, parfois dans un encadrement décoratif. À cette époque, les relieurs ne conservaient presque jamais ces couvertures. Leur absence dans les ouvrages reliés anciennement est donc la norme plutôt que l'exception. De nos jours, les relieurs n'ont plus aucune excuse de ne pas les conserver.
COUVERTURES CONSERVÉES Se dit lorsqu'un ouvrage a été relié avec ses couvertures d'origine.
COUVERTURE FACTICE Se dit lorsque la couverture imprimée a été remplacée par une couverture de papier quelconque.
COUVERTURE MUETTE Se dit lorsque la couverture est dépourvue d'impression.
CUIR DE RUSSIE Cuir traité dans un bain d’écorces de bouleau. D’une grande réputation auprès des bibliophiles il est cependant très fragile.
CUVETTE Nom de l'empreinte que laisse la forme de la plaque de métal sur le papier.
CUIVRE plaque de métal utilisée pour la gravure en creux ; se dit également de la gravure proprement dite.
COUVERTURE : elle protège le livre.
Des cartons forment la couverture d'un livre relié et sur lesquels sont appliqués la matière de recouvrement : cuir, toile, papier marbré, etc. Les différentes faces de la couverture du livre sont appelées : PLATS
CUL DE LAMPE : Motif décoratif imprimé dans les bas de page restés vierges. Souvent en fin de chapitre. Peut être typographique ou une gravure.
CURIOSA Un livre est nommé "curiosa" lorsqu'il présente un caractère, érotique, léger, grivois voire pornographique. Ce caractère licencieux peut être mis en relief à la fois par le texte ou les illustrations.
D
DAIM ou AGNEAU Peaux chamoisées, extrèmement souples.
DECOR A FROID Reliure décorée ou estampée, d’où l’or est absent.
DÉDICACE Hommage qu'un auteur fait de son œuvre à quelqu'un par une inscription imprimée en tête de l'ouvrage (l'édition lui est dédiée).
DEMI-PEAU/DEMI-TOILE: reliure dont le dos est en toile ou en cuir et les plats généralement recouverts d'un papier fantaisie. Le matériau utilisé sur le dos doit recouvrir de un quart à un tiers. Dans la demi-peau romantique le cuir ne vient sur le plat que sur un cinquième de la largeur de celui-ci.
DEMI-PEAU avec COIN idem à la demi-peau. Les coins des plats opposés au dos sont aussi recouverts par le même matériau. On peut également réaliser des demi-toiles avec coins.
DEUXIEME de couverture : face intérieure du plat de couverture de devant.
DEMI-RELIURE Reliure sur laquelle le dos et une petite partie des plats sont couverts par le cuir ou la toile, le reste des plats étant composé de papier, marbré ou uni.
DENTELLE Dessin poussé à l'aide de fers spéciaux sur les plats (ou quelquefois sur les chasses) et rappelant ce tissu.
DEPOT LEGAL Obligation faite aux éditeurs et aux imprimeurs de déposer un ou plusieurs exemplaires de leur publication à la Bibliothèque nationale de leur pays.
DOMINOTE Papier marbré ou colorié plein de fantaisies polychromes..
DOMINOTIER De l'italien domino (origine du 16ème siècle). Corps de métier qui fabriquait les papiers marbrés ou plutôt colorés servant autrefois à la garniture intérieure des coffres tiroirs, la tapisserie des murs; les images pieuses et les cartes à jouer.
DORURE Décoration et titrage de la reliure d'un livre par l'application à chaud, à l'aide de fers et de poinçons, d'une fine pellicule dorée. Dans la reliure d'art, on utilise de l'or fin.
DOS Le dos du livre correspond à la partie par laquelle les cahiers sont solidaires. C'est le côté qui ne s'ouvre pas. Partie arrondie et visible du livre, lorsqu’il est rangé dans la bibliothèque. Il porte généralement le nom de l’auteur et le titre. Il faut distinguer le dos du livre de la tranche du livre.
DOS LISSE Dos ne présentant aucune aspérité par opposition au dos à nerf.
DOS A NERFS Dos où les nerfs ou les faux-nerfs forment un relief.
DOS MUET Dos de livre sur lequel n'apparait aucune information concernant le titre, l'auteur et la tomaison.
DOUBLURE Revêtement de luxe du contreplat de la reliure, en veau, maroquin, daim, soie, etc. (reliure doublée).
E
EAU-FORTE (Gravure à l') Procédé de gravure en creux qui s'obtient grâce à une réaction chimique. La plaque de métal est d'abord recouverte d'un vernis ou d'une résine. On peut alors librement exécuter un dessin sur la plaque, enlevant ainsi la couche de vernis à certains endroits. La plaque est ensuite placée dans un bain d'acide qui, par réaction chimique, creuse le métal. On parle de morsure. Lorsque la plaque est nettoyée de son vernis, elle est prête à recevoir l'encre, les autres étapes de l'impression se faisant de la même manière que pour les autres techniques de l'intaglio. Une eau-forte désigne aussi l'estampe obtenue grâce à ce procédé. (Voir Aquatinte.)
Sur une plaque de cuivre enduite de vernis, un artiste dessine une composition à l’aide d’une pointe d’acier. La plaque est soumise à un bain d’acide («eau forte») qui creuse le cuivre là où le vernis a été entamé par la pointe. Le cuivre débarrassé de son vernis est encré. L’encre logée dans les parties entamées de la plaque se reporte sur le papier par forte pression (presse en taille-douce, distincte de la presse typographique).
Voir aussi «taille-douce».
EAU-FORTE ORIGINALE Eau-forte dont le dessin et la gravure ont été réalisés par un seul et même artiste.
ECAILLE Se dit d'une coloration à teintes multiples, imitant l'écaille, que les relieurs appliquent sur les plats de certains cuirs ou sur les tranches.
ECOINCON motif décoratif placé dans les angles d’une reliure.
EDITEUR C'est la personne ou l'entreprise qui va produire le livre, le publier et le mettre en vente. C’est lui qui choisit le livre à publier.
EDITION Ensemble du tirage d’un ouvrage.
EDITION ORIGINALE Première publication d’un ouvrage en librairie généralement faite sous le contrôle ou avec le consentement de l’auteur. Dans le cas d’une publication antérieure dans une revue, on parle d’édition «pré-originale».
ÉDITION PIRATE ou CONTREFACON édition copiée à partir d’une autre sans le consentement de l’auteur ou de l’éditeur.
EDITION PRÉORIGINALE Texte publié en feuilleton dans un journal avant d'être publié en volume.
ELZÉVIR Volume publié par les Elzévir, famille d'imprimeurs-libraires hollandais.
EMBOITAGE Protection des ouvrages généralement constitué d'une chemise et d'un étui carton, parfois recouvert.
EMISSION Ensemble d’exemplaires d’une même édition caractérisés par le moment où ils sont mis en vente. Divers éléments matériels permettent de les distinguer : titre de relai, couverture, mention fictive d’édition, etc. Par exemple, Les Chants de Maldoror ont été publiés en 1869 (première émission), puis, s’étant alors mal vendus, remis en vente en 1874 (deuxième émission).
ÉMOUSSÉ se dit d'un coin lorsqu'il a été suffisamment usé pour ne plus avoir son aspect d'origine.
ENCADREMENT Ornement formé de filets placés en cadre autour du texte d'un livre ou poussés sur les plats d'une reliure.
ENFER Département d'une bibliothèque où sont déposés les livres interdits au public. "L'Enfer de la Bibliothèque Nationale, créé par ordre du Premier Consul, n'est pas, comme on l'imagine communément, une salle spéciale où de rares privilégiés sont admis à consulter des ouvrages défendus.
C'est une petite bibliothèque contenant environ neuf cent volumes, desquels une douzaine passent les bornes de l'extrême licence, et dont le reste est assez bizarrement composé de recueils gaillards, de romans légers, de pamphlets débraillés,(...) : toute chose, enfin, qu'un honnête homme peut posséder parmi ses collections sans être taxé d'infamie.(...) On a longtemps prétendu, pour justifier l'appellation d'Enfer, que les livres qui l'enrichissent avaient été primitivement destinés au feu. Il est plus juste de dire que sur les ouvrages jadis condamnés au feu, il fut prélevé des exemplaires en témoignage justificatif du jugment.




