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Le RELIEUR de LIVRES

La définition de reliure, ce « nom féminin, apparu après l’invention de l’imprimerie, désigne l’action de relier, puis l’art, la technique. Dans ce sens, il donne lieu à une riche terminologie qui reflète la nature et l’évolution de cet art, tant du point de vue des matériaux (cuirs, vélin, maroquin, veau, basane, chagrin, etc., puis cartons, matériaux synthétiques…) que du décor.
Comme les libraires, les enlumineurs, les écrivains, les papetiers et les parcheminiers, les relieurs dépendaient de l'Université, lui étaient absolument soumis et ne pouvaient s'établir hors du quartier qui lui appartenait ; mais en revenche, ils recevaient protection et participaient à ses privilèges.
Durant tout le Moyen-Âge, cet Art va se développer dans les monastères, où les moines relieurs créent de véritables chefs d’œuvre en protégeant les livres sacrés par des plaquettes de bois, des ais.

Avant d'aller plus loin, voyons les termes spéciaux qui se rencontrent du treizième au quatorzième siècle :

Le cuir empraint désignait un cuir marqueté et martelé, par opposition au cuir tout plain, c-à-d. sans empreintes.

Les chemises, chemisettes ou enveloppes étaient des espèces de sacs dans lesquels on enfermait les livres revêtus de riches reliures.

La couverture à queue, fixée sur les ais était terminée par un appendice ou queue qui permettait de porter le livre à la ceinture.

Les fermoirs, dits aussi fermaux, fremaux, fremillets, etc... parfois d'une extrême richesse, protégeait le parchemin des manuscrits, et surtout le soumettaient à une pression indispensable. Ils étaient parfois remplacés par de fortes lanières en cuir, dites tiroirs.

Les seignaux étaient les signets en étoffes de couleurs variées qui indiquaient les divisions du texte dans les livres d'église.

La pipe ou pippe était la barette ou bourrelet orné qui, en haut du volume, réunissait les seignaux.

Pendant longtemps, les livres appartenant à des bibliothèques publiques étaient munis d'une chaîne en fer, adaptée à l'un des ais de la reliure ;  assez longue pour permettre d'ouvrir le volume, elle empéchait qu'on le déplaçât. Au dix-septième siècle, la bibliothèque de Leyde conservait encore des travées entières de livres enchaînés.

 


Il existe plusieurs grands types de reliure :
    La reliure traditionnelle cousue dite « à la française ».
    La reliure emboîtée dite « reliure à la Bradel ».
    Les reliures contemporaines
"reliure aux armes, à la fanfare, à la cathédrale, mosaïquée, etc.) ou du style d’un relieur (reliure signée)".
On distingue la reliure pleine, qui se dit d'un livre entièrement recouvert de cuir ou de tissu ; la demi-reliure, dont seul le dos est recouvert d'une matière noble (le reste du volume étant recouvert d'un papier) ; et les demi-reliures à bande ou à coins, dont on protège également les parties les plus exposées à la main du lecteur, côté gouttière. La reliure en toile est généralement ornée d'une pièce de titre (morceau de cuir placé sur le dos du livre), sur laquelle sont apposés le nom de l'auteur et le titre du livre.
Les qualités des cuirs utilisés et leurs utilisations peuvent varier. Il existe des reliures, du meilleur au plus banal, en peau de vélin, en veau ou box, en maroquin, en daim ou en agneau velours (peaux très souples et chamoisées), en chagrin, en basane, etc. Cette hiérarchie a pu varier selon les époques.
Le relieur est un artisan d’art qui met en œuvre un savoir-faire séculaire. Il travaille de ses mains pour garantir la longévité du livre – celui-ci étant à la fois un contenu digne d’être conservé et la forme matérielle qui l’accueille – et créer un décor qui rend chaque volume unique. De son intervention dépend l’apparence de la reliure, dictée par la nature de l’ouvrage et l’usage auquel il est destiné. Que le livre demeure dans la bibliothèque d’un monastère ou voyage à travers les continents, très tôt se sont mises en place des techniques garantes de la diffusion dans le temps et l’espace de la pensée qu’il renferme. Elles correspondent à une succession d’étapes, qui vont de l’assemblage des feuilles à sa couverture et visent à la fois à protéger et embellir l’ouvrage.

Par la reliure, la valeur fonctionnelle du livre s’enrichit d’une valeur esthétique. En effet, le livre se présente à la vue et au toucher par sa reliure. Ce premier contact, avant la lecture, met en jeu notre jugement esthétique et conditionne notre appréciation, notre attirance – ou notre rejet – pour l’objet-livre et ses caractéristiques physiques, pour l’équilibre de son ornementation, pour la douceur de sa peau. La reliure témoigne des soins dont on a souhaité entourer l’ouvrage, du désir de prolonger son existence et de celui qu’il serve sans se détériorer, elle témoigne aussi du besoin de le personnaliser. Elle est révélatrice de l’art du temps, du style qui l’a inspirée (janséniste, Renaissance, romantique, etc.) et reflète le goût du relieur. Jusqu’au début du XX° siècle, elle ne révèle pas le sujet du livre. Elle indique, sous forme cryptée (armoiries, devises, anagrammes, initiales entrelacées, etc.), l’époque, le relieur, parfois le propriétaire du livre, et elle n’introduit au texte qu’en citant le titre, le nom de l’auteur.

L'apprentissage durait cinq ans et était suivi d'une année de compagnonnage et pour être reçu maître, il fallait savoir lire et écrire. Pourtant il y avait une exception au relieur de la Cour de Comptes car celui-ci devait jurer qu'il ne savait ni lire ni écrire "afin qu'il ne découvrit les secrets des comptes". (Assertion de 1492 confirmée)

 

 

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16/12/2016
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