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La Mortalité de l'ABEILLE

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N'accusons pas trop vite les agriculteurs et les cultivateurs

puisque ce sont eux qui déversent des POISONS sur les cultures...

MAIS...

ont-ils les moyens de faire autrement  ?

 

Commençons par un RETOUR EN ARRIERE

avec l'article "L'AGRICULTURE NOUVELLE", paru en 1902

dans "L'Encyclopédie du SOIR" édité par ROSSEL, Bruxelles.

 

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 Il y a quelques années - mettons un quart de siècle - L'industrie agricole semblait un non-sens.

L'industrie, c'était l'usine, la force motrice, la mécanique, la machine :

L'agriculture, c'était la main d'œuvre élémentaire, en quelque sorte livrée à elle-même, lente, obstinée.

Actuellement (en 1902) l'agriculture est et devient de plus en plus, une industrie, et surtout une industrie qui groupe une réunion d'intéressés plus considérable qu'aucune autre. 

Le progrès a été difficile en raison même des masses profondes dans lesquelles il avait à y pénétrer ; mais la graine a été semée - en quel terrain pouvait-elle l'être mieux - et grâce à l'impulsion donnée par la science et par une instruction professionnelle de plus en plus répandue, l'agriculture poursuit une marche ascendante vers la mieux. Elle se dégage des incertitudes, elle prend des précautions contre les vicissitudes : ses méthodes culturales ne sont plus des secrets ; ses instruments de travail sont de sûres et robustes machines.

C'est donc la victoire méthodique remportée sur les difficultés de la nature : elle appartiendra toujours, et de plus en plus, à celui qui, disposant du meilleur laboratoire, c'est-à-dire du meilleur terrain, saura l'utiliser, non pas seulement avec le plus d'endurance, mais avec le plus d'intelligence.

La concurrence entre les nombreux fabricants de machines agricoles a été précieuse pour arriver à cet heureux résultat. Non seulement, elle a motivé les perfectionnements voulus dans la construction proprement dite des machines, mais encore elle a fait baisser énormément, dans les trente dernières années, les prix de ces appareils, en les rendant tout à fait accessibles aux cultivateurs.
Ajoutons à cela l’heureuse influence qu’exercent un peu partout, les jeunes gens sortant de nos écoles d’agriculture. Ils diffusent, bien plus peut-être qu’on ne pourrait le penser, l'instruction professionnelle qu’ils ont reçue : ils contribuent à l’amélioration du sol, à la prospérité agricole ; ils vulgarisent d’une façon effective l‘usage des machines dont ils ont appris l'organisme et le fonctionnement.
Finalement, aux époques diverses où se font les travaux agricoles, on voit, de toutes parts, actuellement, les laborieuses machines abattre une énorme besogne. La poésie y a-t-elle perdu ?
Nous ne le pensons même pas. Si 1e doux Virgile revenait parmi nous, n’en doutons pas, il célèbrerait, en excellents vers, la machine agricole. Sans aller, bien entendu, jusqu’à la discutable prétention d’écrire ce chapitre, en vers latins - Jetons un coup d’œil sur lui.

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Charrues, faucheuses, batteuses, arracheuses, faneuses, se s‘ont introduites dans la culture et elles y deviennent d’un emploi de plus en plus général. L’Europe les emprunte ardemment à l'Amérique, sans avoir besoin de les copier.
Le perfectionnement de la charrue, son tracé géométrique logique ne date guère que de 1850 : un demi-siècle à peu près seulement ! Le versoir, cette symbolique hélice d‘ou sort le pain quotidien, a été étudié à fond et mathématiquement. La charrue "à axe tournant" a été un progrès dont on peut à peine apprécier l'importance. Maintenant, voici le labourage à vapeur, 1e labourage électrique, la charrue automobile, même ! Bientôt, on ne luttera plus d'efforts, en aucun pays agricole, mais de perfection mécanique, et de bonne organisation.
Les moissonneuses et les faucheuses nous sont venues, surtout, de la construction mécanique  américaine et anglaise. En Amérique, on admet que chaque machine fait couramment la besogne de sept hommes, en n’absorbant comme attelage, conducteur et amortissement, que la valeur correspondante au salaire de quatre hommes. Trois hommes seront donc supprimés ? dira-t'on. Non ! Quatre seront mieux payés, se fatiguant moins, faisant une besogne plus digne d’eux et plus relevée.
Les machines à battre sont merveilleuses.
Non seulement elles égrènent, mais elles nettoyent le grain. Fixes, ou locomobiles, elles travaillent actuellement dans des conditions telles que bientôt les agriculteurs ne pourront plus s’en passer. C’en est fait du «fléau», qui faisait une si dure et si désastreuse besogne.
Pour mettre en action tout cela, i1 fallait de bons moteurs agricoles, des locomobiles simples, énergiques et faciles à diriger : elles existent. Bien différentes, assurément, des premières locomobiles, relativement ancestrales, qui se montrèrent pour la première fois en 1853.
Celles à vapeur sont devenues tout à fait simples et pratiques, mais on leur préfère déjà celles à moteur à pétrole, qui n’ont besoin ni de charbon, ni de chauffeur, et qui ne mettent pas le feu aux récoltes avec des escarbilles. Le moteur à pétrole est un moteur agricole de premier ordre.
Il faudrait maintenant parler des moulins, dans le grand coup d’œil que nous jetons sur l’industrie agricole. Mais cela nous entrainerait trop loin. Qui veut la fin, veut les moyens dit le proverbe; 1a fin, c’est la bonne farine extraite du sol de la partie ; les moyens, ce sont les remarquables machines agricoles dans l’élaboration desquelles ont excellé les constructeurs.
La. période de 1873 à 1890 a été, pour l’art de moudre les grains, une période de transformation sans pareille ; le blutage et le sassage ont en même temps, fait des progrès que nul ne devrait ignorer, pas plus que les combinaisons si intelligentes des collecteurs de poussières, des appareils de manutentions pour les blés et les farines, ainsi que des procédés de conservation.
Certes, les industries, d’une façon générale ont amélioré leurs procédés avec une intensité étonnante dans les cinquante dernières années. On a vu les usines disparaître, ou se transformer, la force motrice se multiplier, se répandre, s’éparpiller dans les ateliers avec une ingéniosité brillante. Il semblait qu’il y eut quelque chose qui demeurait inéluctablement liée aux errements du passé, et c’était le vrai travail de la terre : or, pendant le même temps, dans le calme imposant des plaines que pendant si longtemps la sueur de l’homme féconda, l’industrie agricole se créait, se développait et restait, comme elle l'a toujours été sous un autre nom, la première des industries.
Malgré tous les progrès énumérés par M. Max de Nansouty, le sort de l’agriculture en général est peu enviable.

D'où vient cela ? De ce que, tandis que le machinisme répondait aux plus hardis desiderata, certains agriculteurs persistaient, avec un entêtement déplorable, dans les errements du passé. L’agriculteur avisé, sous peine de ruine, doit évoluer, suivre les fluctuations économiques, abandonner telle ou telle culture, pour d'autres plus productives.


                                                                  ***
Peut-être trouvons-nous une amorce de réponse dans d'anciens dictionnaires de la vie rurale... peut-être, car n'oublions pas que :

Pour que l'agriculteur puisse exercer convenablement sa profession, il devait et doit encore pouvoir rapidement se procurer une foule de  connaissances et avoir recours à des vérifications destinées à lui donner la  précision nécessaire. Or nul ne peut se vanter de posséder le savoir  exigé par la multiplicité de problèmes de la vie rurale. Aussi, le plus grand nombre des questions restent sans réponse ; d'où résulte l'accusation  routinière, qu'on élève non sans raison, contre l'agriculture... mais c'est la faute des choses et pas celle des hommes.

Les cultivateurs ont été placés en face d'énormes difficultés, sans les connaissances suffisantes pour essayer même de les vaincre. TOUT était  obscur pour eux : la nature et la composition du sol sur lequel ils travaillent, l'influence des saisons, les plantes qui envahissent les champs, les  insectes qui dévorent les récoltes, les être infiniment petits qui attaquent les végétaux et les animaux domestiques, les maladies qui inopinément  s'abattent sur les cultures ou sur les troupeaux.

Comment trouver le moyen de se guider au milieu de tant de ténèbres ?
L'instruction faisait défaut, l'impuissance était fatale !

Cette situation a été sentie par les agronomes dès la haute antiquité. De là, le nombre de proverbes ou dictons météorologiques qui foisonnent sur l'agriculture essayant de prévoir le temps prochain et la future qualité de la récolte, ainsi que des traités encore consultés aujourd'hui dont certains d'une valeur considérable  mais d'une portée limitée. Acquérir des connaissances demeurées de plus en plus précises et étendues en tout temps. Le progrès ne peut  s'arrêter en telle matière.

Les sciences qui semblaient par leur essence même, devoir rester éternellement étrangères aux choses rurales, leur apportent un concours  inattendu. C'est ainsi que la chimie, la physique, la mécanique ont presque complètement et brusquement changé la face de l'agriculture à partir  du milieu du dix-neuvième siècle. Les sciences naturelles lui ont fourni un immense contingent de connaissances fertiles en applications. C'est à  ce point que les ouvrages qui paraissaient les guides les meilleurs et les plus sûrs pour les travaux agricoles se sont trouvés au-dessous de la  tâche qu'ils avaient d'abord bien remplie. Le fait pouvait être prévu. Après avoir introduit dans les ouvrages généraux d'agriculture un grand  nombre de notions qui n'y touchaient que d'une manière très éloignée, et on avait exclu tout ce qui ne semblait pas s'y rattacher étroitement. Il  arriva alors tout d'un coup, que les cultivateurs ne trouvèrent plus dans leurs lectures habituelles, aucune espèce de renseignement sur des  applications nouvelles, par exemple sur les machines, sur l'électricité, sur les divers composés chimiques, sur les êtres infiniment petits, dont le  rôle le plus important fut, pour le plus grand nombre, une subite révélation. On eût du être préparé ; on ne l'était pas, parce  qu'on avait eu peur  de trop savoir. On se contentait surtout de données approximatives sur chaque chose, pourtant une instruction plus approfondie était et est  nécessaire. Alors les agriculteurs pourraient arriver à triompher des difficultés sans nombre de leur profession et à se rendre un compte exact  de la valeur des choses nouvelles qui leur sont proposées. Mais pour cela l'agriculteur doit toujours être un expérimentateur judicieux, capable  d'user de tous les moyens de contrôle possible pourtant la nécessité de prendre promptement parti lui est souvent imposée, ou bien il court le  risque de perdre ou une récolte ou son bétail.


AbeilleMort6.jpgC'est dans ce contexte angoissant qu'est apparu en 1939 le DDT, le premier insecticide de synthèse, le modèle agricole dominant contre les  microbes, les bactéries, tous les organismes infiniment petits répandus  dans l'air, dans la terre et dans les eaux. Il s’est ainsi construit un  système productiviste hautement consommateur d’intrants (engrais). Mais c'est vers  les années 1960, qu'il a trouvé ses limites, malgré le fait  qu'il est et reste le modèle agricole majoritaire, et n’a été que peu remis en question par des modèles alternatifs.

Bien au contraire, le système de production agricole traditionnel a muté vers un gigantesque secteur agro-alimentaire dominé par les grands  groupes industriels. Ainsi l’apparition des néonicotinoïdes, ces pesticides systémiques pulvérisés sur les cultures ou appliqués sous forme  d’enrobage des semences (cultures OGM) qui représentent actuellement 40 % du marché mondial des pesticides (Ce marché mondial est  estimé actuellement à 1,6 milliard €) n’a fait qu’aggraver la problématique du "système agricole" qui n'est en fait que le profit des grands  acteurs de l’industrie agro-chimique.
D’une extrême toxicité, leur usage entraîne l’affaiblissement des défenses naturelles des cultures et favorise la prolifération et la résistance des  ravageurs, sans pour autant améliorer de manière significative les rendements agricoles. En rendant les agriculteurs toujours plus dépendants  des intrants chimiques et en détériorant leurs marges, cette nouvelle génération de pesticides continue de profiter unilatéralement aux grands  acteurs de l’industrie agro-chimique.

 

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Pourtant les agriculteurs et les consommateurs sont demandeurs.
Les pesticides ont permis des hausses de productivité, et des rendements exceptionnels dans les décennies qui ont suivi la deuxième guerre  mondiale. Ces systèmes intensifs ont aussi été favorisés, dans l’Union Européenne, grâce aux premières orientations productivistes de la  Politique Agricole Commune.

Cette perspective de croissance d'un marché mondial évalué à plus d'1,5 milliard d'euros n'a pas non plus échappé à ces géants de  l'agrochimie. Depuis quelques mois, on assiste à leurs renforcements à coups d'acquisitions ou d'alliances. A l'été 2012, l'allemand Bayer  s'emparait de l'américain AgraQuest. Son compatriote BASF lui emboîtait le pas en acquérant Becker Underwood. En décembre 2013,  l'américain Monsanto se lançait en créant BioAg Alliance, une alliance avec le numéro un mondial des enzymes, le danois Novozymes.

Aujourd’hui, des effets néfastes remettent profondément en cause la poursuite d’un tel modèle, l’apparition et l’utilisation massive des  néonicotinoïdes depuis 1990 utilisés de façon systématique, n'a fait qu’accélérer le phénomène de résistance accrue aux produits  phytosanitaires chimiques.
La résistance de plus en plus forte des bio-agresseurs (plantes invasives, insectes dits "nuisibles" aux cultures) dont les premières apparitions  sont apparues seulement 7 ans après l'introduction du DDT entraîne une résistance de plus en plus forte d'un nombre important de bio- agresseurs: aujourd'hui, des centaines espèces n'y sont plus sensibles.
Des doses de plus en plus fortes de pesticides sont de moins en moins efficaces.
Par exemple sur la pomme de terre, les  nuisibles ont multiplié leur résistance par 100 en dix ans !


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Pauvre abeilles, pauvres apiculteurs !

Comment le cultivateur et les apiculteurs peuvent'ils s'en sortir indemne ?
Les agriculteurs sont devenus dépendants de ce système agro-chimique.

Les néonicotinoïdes déciment les vers de terre et les insectes, pourtant non ciblés.
Les petits rongeurs des campagnes sont les plus touchés : il suffit qu'une souris ingurgite 3 graines enrobées avec des néonicotinoïdes pour  qu'elle meure sur le coup.
L'autopsie d'oiseaux sauvages (canards, pigeons…) montre la présence de néonicotinoïdes dans leur organismes. Parfois, il aura suffi qu'ils  ingurgitent une seule graine pour que la substance leur soit fatale. Des études ont montré que la dose léthale pour une perdrix est de 6 graines,  et 1,5 graine pour un moineau – des quantités malheureusement tout à fait possibles dans la nature.

L’utilisation massive et systématique des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, qu’ils le soient de façon foliaire (par pulvérisation) ou  systémique (enrobage de la graine OGM) polluent durablement les eaux et les sols. Ils font des ravages sur les populations d’invertébrés non  ciblés (abeilles, coccinelles et scarabées, mollusques d’eau douce, vers de terre…) mais sont également une menace sérieuse pour les  mammifères, les poissons et les oiseaux.
Seulement moins de 20 % de la substance enrobant la graine est absorbée par la plante, le reliquat se disperse dans le sol et les milieux  aquatiques, où il peut y rester entre 200 et plus de 1000 jours, et s’accumuler si les cultures suivantes sont également traitées.

Les néoninotinoïdes sont solubles et voyagent très facilement dans l’eau. On en retrouve par exemple dans les eaux souterraines, les ruisseaux,  les bassins de retenue d’eaux, les canaux… En Californie, 89 % des rivières étudiées contenaient des traces de néonicotinoïdes. Ces pollutions  présentent un risque majeur pour l’écosystème, et une menace sérieuse pour tous les organismes qui en assurent l’équilibre.

 

Aucun autre insecte n’est aussi actif et efficace que les abeilles qui fabriquent du miel, celles que les scientifiques appellent "Apis mellifera". Quelles soient sauvages ou domestiques, les abeilles sont les acteurs majeurs de cette activité essentielle à la qualité et au rendement des productions agricoles. Sur la planète, environ 80% des plantes à fleurs sont pollinisées par les insectes, et parmi celles-ci, environ 85% sont pollinisées par les abeilles. Pour les arbres fruitiers, ce sont même 90% des espèces qui sont visitées et pollinisées par les abeilles.

On suppose que la baisse du nombre d’apiculteurs est directement corrélée à la disparition des abeilles.

 

"Si l'abeille devait disparaître, l'humanité n'aurait plus que quelques années à vivre"  Albert Eintein
Sommes-nous occupés de vivre un empoisonnement généralisé mondial et accepté ?

 

A VOIR cette petite vidéo explicative contenue dans l'article Le Monde :

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/03/18/les-deputes-votent-une-interdiction-des-pesticides-tueurs-d-abeilles_4885312_1652692.html

(Sources : Tous les dictionnaires et encyclopédies qui ont trait à l'Agriculture, les multiples livres et revues sur l'Apiculture, le journal LE  MONDE ainsi que les sites internet défendant l'abeille, tel POLLINIS, ... 

 

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ANNONCE

 

Chers amis apiculteurs sachez que j'ai terminé le

 

"Cours COMPLET d'apiculture ORIGINAL."de 1781 par ROZIER

 

 

 

 

 

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C'est l'un des PREMIERS "ANCIEN cours d'APICULTURE complet" d'avant la Révolution française de 1789. Quand je l'ai découvert et lu, en vieux français néanmoins compréhensible, j'ai été étonné du fait que nos aïeux, amis des abeilles avaient déjà pu déduire de leurs observations, alors que primaires tout comme leur matériel, ce qui n'allait s'avérer correct bien plus tard.

 

Ce traité est un vrai cours d'apiculture de 176 pages, format original 20x25 cm, incroyable sous certains aspects de la puissance de raisonnement de leurs auteurs, et que je dédie à mes confrères apiculteurs simplistes, fixistes, mobilistes, intensifs ou modernes. !

 

Voyez l'article qui lui est consacré (←cliquez)

 

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05/12/2014
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