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1925 - Martin - 200 LOCUTIONS et PROVERBES - XX° siècle

200 LOCUTIONS et PROVERBES

Auteur: Éman MARTIN
Editeur: Libr. DELAGRAVE - Paris
Volumes: 1 volume in-12° (12x19) 171 pp
Année: 1925

 

DEUX cents LOCUTIONS et PROVERBES, origine et explications

Souvent un fait historique, une coutume, un lazzi lancé dans une assemblée, une réplique d'une comédie, ont introduit dans la langue une manière de parler, puis sont tombés dans l'oubli, laissant en usage le mot ou la locution qui leur a dû la naissance. Remettre en lumière ces origines obscurcies en recourant aux souvenirs historiques ou littéraires d'où procèdent ces faits de langage devenus des énigmes, c'est à quoi Éman Martin excellait. Ce sont surtout les explications de ce genre qui sont réunies dans les pages de cet ouvrage, elles forment autant d'anecdotes instructives et le plus souvent fort amusantes par elles-mêmes.

Se croire le premier moutardier du pape.
Le pape avignonnais Jean XXII raffolait de la moutarde ; il en mettait dans tous ses mets. Il créa pour l'un de ses neveux la charge de premier moutardier. De là le dicton appliqué aux vaniteux de "premier moutardier du pape".

Courir comme un dératé.
La rate
gène souvent quand on court très vite (point de coté) car alors elle se gonfle de et rend la respiration difficile, quelquefois douloureuse...  Pline raconte, sans toutefois donner les moyens employés à cet effet, que l'on brulait la rate aux coureurs de son temps, donc pour rendre quelqu'un leste, agile et dispos, il fallait lui enlever la rate. Telle était depuis longtemps la croyance générale et des chirurgiens faisaient l'ablation de ce viscère, de là le mot dérater (Trévoux 1771).

Tuer le ver.

Le matin avant de se mettre à l'ouvrage, les ouvriers ont l'habitude de faire une visite aux débits de boisson, et d'y prendre soit un petit verre d'eau-de-vie ou de vin blanc ; à Paris on dit tuer le ver.

Monter sur ses grands chevaux.

Au temps de la chevalerie, on distinguait 2 espèces de chevaux : le palefroi et le destrier. Le premier était un cheval de parade et le destrier était le cheval de main ou de bataille, il était grand et fort. Or quand les chevaliers quittaient le palefroi pour le destrier, on disait qu'ils montaient sur leurs grands chevaux, expression pour dire se mettre en colère.

En mettre la main au feu.

Jusqu'à saint Louis, en justice l'accusé était obligé de saisir avec la main droite une barre de fer rougie au feu et la porter à 10 pas. La main était ensuite enveloppée d'un linge sur lequel les juges apposaient leur sceau, et s'il n'y avait pas de trace de brûlure 3 jours plus tard, c'était un signe d'innocence car Dieu devait manifester par un miracle si quelqu'un n'était pas coupable.

 

10-20


27/09/2014
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