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1806 - PEIGNOT - Dictionnaire des LIVRES Condamnés au FEU - XIX° siècle

Dictionnaire des LIVRES Condamnés au FEU

Auteur: G. PEIGNOT
Editeur: A Paris chez RENOUARD
Volumes: 1 volume 295 pp (22x16)
Description: reprint Forni éditeur à Bologne
Année: 1806 /1966  

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Dictionnaire critique, littéraire et bibliographique des pricipaux LIVRES Condamnés au FEU, supprimés ou censurés : Précédé d'un discours sur ces sortes d'ouvrages par G. PEIGNOT, Bibliothécaire de la Haute-Saône, Membre de l'Académie Celtique de Paris, et de plusieurs Sociétés littéraire. Reliure de ce reprint de 1806 en 1966, toilé bleu, étiquette de titre noir, titres dorés.

Toutes ces débauches d'esprit qui ont à juste titre provoqué la sévérité des lois. Mais j'ai plaint les innocents qui en ont quelquefois été les malheureuses victimes ; j'ai blamé la barbarie avec laquelle on a puni du dernier supplice, ceux dont il suffisait d'anéantir les écrits. On sait que ces sortes d'entraves n'ont ordinairement produit d'autre effet, que d'irriter les passions, et rendre plus audacieuse une plume qui convertissait secrètement en licence, la liberté qu'on lui refusait publiquement. Oui une censure trop sévère a pour résultat d'étouffer le génie, ou d'ouvrir la porte à des excès que méconnais une honnête liberté.

S'occuper des principaux ouvrages qui ont été condamnés au feu, supprimés ou censurés ; c'est rassembler des matériaux pour l'Histoire des erreurs de l'esprit humain.
Ce n'est point lorsqu'on a le droit d'écrire sans contrainte et au grand jour, que l'on se plait à distiller un venin qui, comme le crime, ne se prépare jamais que dans l'ombre.

La fin du XVIIIe siècle, de ce siècle de lumières a-t-elle été plus heureuse ? Après la fatale expérience des révolutions religieuses et politiques, arrosés du sang de nos ancêtres, sommes-nous plus vertueux, moins frivoles, moins inconséquens, plus disposés à sacrifier à l'intérêt particulier à l'intérêt public, sommes-nous de meilleurs fils, meilleurs époux, meilleurs pères ? Hélas on s'est égarés... Etait-ce aux ministres d'un Dieu de paix, de charité et d'humanité, à provoquer et ordonner des supplices, à frapper de mort, à livrer au bourreau une tête qui n'est coupable que d'opinions... Dresser les échafauds pour pareille cause c'est diminuer l'ignominie attachée aux supplices justement mérités.

A quoi bon s'ériger en nouveau précepteur du genre humain, en réformateur des abus.

Mais peut-on, par exemple, faire un crime à ceux de nos ancêtres qui ont lutté contre les prétentieuses ambitions qu'a souvent manifestées la cour de Rome, de disposer des trônes à son gré : était-ce un crime d'avoir écrit : "Toute puissance spirituelle appartient au souverain pontife, parce qu'il est le chef visible de l'église : mais son pouvoir temporel ne doit point s'étendre au-delà des frontières de ses états". Condamnera-t-on l'historien courageux, parce que, consacrant sa plume à la vérité, il a tracé le tableau affligeant des malheurs occasionnés par la faute des gouvernants ?

Ne citons que quelques livres parmi les plus obscènes et dangereux :
Emile de Rousseau
les Moeurs de Toussaint
les Oeuvres d'Helvetius
le P..... des C..... de Gervaise
l'A.... des D....... traduit du latin par Chorier
les Oeuvres libres de Fromaget
la Religieuse de Diderot
la Pucelle de Voltaire
l'Ode de Piron
les Contes de la Fontaine, de Vergier
les Epigrammes de J.B. Rousseau
Justine ou les Malheurs de la vertu
etc...  (Quelques noms sont en pointillés comme dans le dictionnaire)

Certains livres furent livrés aux flammes : on les rechercha ensuite et on les lut avec avidité. (Voir aussi LIVRES saisis à Paris entre 1678 et 1701)

 

 

30 - 50



10/09/2014
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