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1802 - PEIGNOT - Dictionnaire raisonné de BIBLIOLOGIE - XIX° siècle

Dictionnaire raisonné de BIBLIOLOGIE

Auteur: PEIGNOT Gabriel
Editeur: A Paris chez Vve Villier
Volumes: 2 volumes in-8° (21x13)
Description: contenant l'explication des principaux termes
Année: 1802

 

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contenant l'explication des principaux termes à la Bibliographie, à l'Art typographique, à la Diplomatique aux Archives (...) Ouvrage utile aux Bibliothécaires, Archivistes, Imprimeurs, Libraires, etc. A Paris chez Vve Villier, demi-veau de l'époque, dos filet à froid, tr. rouges. L'édition originale a été tirée à 1.000 ex. de ce très intéressant ouvrage sur les historiens du livre.

 

Ce Dictionnaire de BIBLIOLOGIE par PEIGNOT, 1802 (an X) nous dit que :

 

BIBLIOGNOSTE est un habile bibliographe, qui connait à fond l'histoire des livres, leurs titres, la date de leurs différentes éditions, le lieu où elles ont été faites, le nom des éditeurs, des imprimeurs, etc...

 

BIBLIOGRAPHE. On donne ce nom à celui qui fait son étude particulière de la connaissance des livres, de l'histoire littéraire et de tout ce qui a rapport à l'art typographique. Rien de plus rare que de mériter le titre de bibliographe et rien de plus difficile et de plus pénible que d'y acquérir de vrais droits. La bibliographie étant la plus vaste de toutes les connaissances humaines...

 

BIBLIOMANIE. C'est la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que pour les avoir et pour en repaître sa vue. Le bibliomane ne connait ordinairement les livres que par leur titre, leur frontispice et leur date. L'amour des livres est estimable lorsqu'on sait les apprécier à ce qu'ils valent, qu'on sait en retirer la quintessence, et surtout lorsqu'on se fait un plaisir de les communiquer. On peut les diviser en 2 classes : les généraux et les particuliers. Les généraux sont ceux qui acquièrent des livres dans tous les genres indistinctement ; les bibliomanes particuliers, sont ceux qui s'attachent à une certaine classe de livres, tels que la médecine, l'astronomie; l'histoire, ou même à un seul ouvrage, dont ils recueillent toutes les éditions...

 

BIBLIOPHILE. Ce titre convient à toutes les personnes qui aiment les livres, le bibliomane et le bibliotaphe parraissent y avoir le même droit ; cependant je crois qu'il conviendrait mieux à l'amateur qui ne recherche les livres ni par état ni par passion ; à celui qui, dirigé par le seul désir de  s'instruire, aime et se procure les bons ouvrages qu'il croit les plus propres à composer une collection intéressante par le nombre et par la variété des articles. (...) Entasser des livres sans discernement, n'est pas prouver qu'on les aime ; ce n'est donc pas celui qui a le plus de livres, mais celui qui possède les meilleurs, qui mérite le titre de bibliophile. Si le bibliomane est précieux relativement au commerce de la librairie, le bibliophile l'est bien davantage relativement au progrès des sciences et des arts ; parce que, ne s'attachant qu'aux bons ouvrages, il rend nécessairement les auteurs plus circonspects, plus difficiles et plus soignés dans leurs productions. Il nous semble donc que le titre de bibliophile ne doit appartenir qu'à celui qui aime les livres comme on doit les aimer, et nullement à ceux qu'une aveugle passion égare dans les recherches qu'ils font des ouvrages qui, par une aveugle fantaisie, centuplent quelquefois la valeur.

 

BIBLIOPOLE. Celui qui fait commerce des livres ; libraire, colporteur.

 

BIBLIOTAPHE. Ce nom convient à ces bibliomanes ou bibliophiles qu n'achètent des livres que pour les enfuoir et empêcher les autres d'en profiter : ils sont aux livres ce que les avares sont à l'argent ; il est impossible de jeter un coup d'oeil sur leur trésor sans les alarmer. On les a comparé au chien qui empêche le cheval de mager l'orge qu'il ne peut manger lui-même.

 

BIBLIOTHÉCAIRE. On appelle ainsi celui qui est chargé de la classification, du soin et de la conservation d'une bibliothèque. Les fonctions du bibliothécaire sont d'autant plus importantes, que ses connaissances devraient être pour ainsi dire universelles. Il doit être parfaitement au fait de l'histoire littéraire et de l'art typographique ; cette dernière partie surtout lui est essentielle pour décider du format, du caractère et de l'impression de certaines éditions du 15° siècle et du commencement du 16°(*) : il doit connaitre aussi les arts dépendant de la typographie, tel le dessin, la peinture et la gravure tant sur bois que sur cuivre, pour bien juger du mérite miniatures et des figures qui se rencontrent si souvent, soit dans les manuscrts, soit dans les imprimés. Il doit savoir donner une description exacte d'un ouvrage rare et curieux ; en rendre fidèlement le titre, la date, le nom de la ville, le l'imprimerie et de l'auteur, qu'il faut quelquefois chercher à la tête ou à la fin d'une dédicace, dans la préface, dans le privilège, dans les acrostiches, devises, etc...

Le bibliothécaire doit être exempt de toute espèce de préjugés religieux et politiques.

Il se doit  aux vrais amateurs qui trouveront en lui une "bibliothèque parlante", qui tireront le secours de sa vaste et complaisante érudition, que de ses registres d'ordre, de ses tables alphabétiques ou numérotées.

 

BIBLIOTHÈQUE. Ce mot peut être pris dans 3 sens différents : Il signifie ; le lieu qui renferme des livres ; ou une collection de livres ; ou enfin, un ouvrage ayant pour titre : Bibliothèque. Nous entendons parler ici du mot bibliothèque pris dans les deux premiers sens. Une bibliothèque est donc un lieu où l'on trouve une collection de livres classés et rangés dans un ordre qui flatte l'esprit et les yeux. L'appartement ne doit être ni sujet à l'humidité ni exposé aux ardeurs brulantes du soleil ; il doit être suffisamment éclairé, bien plafonné et bien par parqueté. Les tablettes, soit qu'on les pose sous glace dans des armoires, soit qu'on les laisse à découvert dans toute la longueur, doivent être à un pied, ou 3 palmes 2 doigts et 4 traits, de distance du mur, et le rayon du bas, c'est-à-dire, la première tablette qui supporte les in folio doit être à une pareille distance du parquet. On observera entre chaque tablette, un intervalle proportionné à la hauteur des volumes ; on se souviendra que chaque format étant, ou en petit ou en grand papier, on pourrait, pour chacun d'eux, établir des rayons  de différentes hauteur ; ce que j'ai fait dans la bibliothèque qui m'est confiée. La première tablette est pour les in-folio grand papier, la seconde tablette est pour les in-folio papier ordinaire, la troisième pour les grands in-4°, la quatrième, etc... J'ai eu soin de laisser entre les volumes et la tablette supérieure un intervalle suffisant pour pouvoir tirer chaque livre sans difficulté, ayant l'attention de ne point trop les serrer, afin que l'air puisse circuler autour. En disposant ainsi une bibliothèque, on est sûr qu'elle présentera un coup d'œil agréable, et que les ouvrages s'y conserveront parfaitement sains et à l'abri de toute espèce d'accidents ; mais il faut avoir l'attention d'en enlever souvent la poussière et de battre les volumes de  temps en temps.

BIBLIUGUIANCIE. Nouveau terme, pour signifier l'art de restaurer les livres précieux qui ont été endommagés, soit par vétusté, soit par accident. Cet art consiste à blanchir le papier, à en enlever toute tache, à réparer les ravages de vers,  à rétablir tout ce qui a pu servir de pâture, soit lettres, soit vignettes, à redonner au papier la force qu'il a perdue, etc...

 

 

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09/09/2014
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