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1694 - Dictionnaire de l’ACADÉMIE FRANÇOISE 1° édition - XVII° siècle

Dictionnaire de l’ACADÉMIE FRANÇOISE 1° édition

Auteur: Académie Françoise
Editeur: A Paris chez Coignard
Volumes: 2 volumes in-folio 676+671 pp
Année: 1694

 

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Voyez au bas de cet article POURQUOI et COMMENT cela a connencé ?

 

Dédié au ROY. Première édition ORIGINALE de ce Dictionnaire de l’ACADÉMIE FRANÇOISE de 1694. Très très RARE et recherché. Deux volumes in-folio,  RELIURE plein veau marbré du  XVIIIe, , dos à 6 nerfs ornés, roulette dorée sur les coupes. Anciennes restaurations de la reliure où l'on s'occupait moins de l'esthétique que de la solidité, pièce de titre

Dès sa fondation en 1634, l'Académie française, créée par le Cardinal RICHELIEU dans le but "d'établir des règles certaines de la langue française, de la rendre LA PLUS PARFAITE des langues modernes, et non seulement ELEGANTE, mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences", projetait de publier un dictionnaire. Ce dictionnaire fut immédiatement l'objet d'une défiance générale, et presque d’effroi. Les érudits s'inquiétèrent des conséquences de l’épuration du vocabulaire français, le peuple alla jusqu’à supposer que le cardinal Richelieu, en fixant la langue, se préparait un prétexte pour imposer des taxes à ceux qui n’en observeraient pas les lois. Il ne fallut pas moins de soixante ans de travaux et de retard (la mort de Vaugelas en 1650 en fut une cause) pour le voir enfin paraître. "Le succès fut médiocre (ce qui explique sans doute sa rareté). On reprocha aux académiciens, outre l'organisation, l'omission de certains termes et des définitions peu précises.

L'apparition du premier Dictionnaire de l'Académie, publié en 1694, fut un événement, et on ne saurait être trop reconnaissant du service qu'il rendit alors.

Cette PREMIERE EDITION reste IMPORTANTE dans la mesure justement où elle fut la première. La comparaison avec les autres éditions est riche d'enseignements pour qui s'intéresse à l'histoire de la langue et à l'évolution du lexique. "La première édition … est tout à fait différente des autres, puisque les mots y sont rangés selon leur racine : voilà pourquoi on la recherche encore. Les exemplaires en sont d'ailleurs assez DIFFICILES A TROUVER." (Brunet II,)

Les Académiciens faisaient alors concurrence à deux dictionnaires parus peu auparavant, celui de Richelet (1680) et celui de Furetière (1690). En fait, ils ont présenté un exemplaire de leur travail au Roi le jour même où l'éditeur hollandais Leers présentait sa seconde édition du dictionnaire de Furetière.
Le Dictionnaire de l'Académie a défini le bon usage de la langue française, mais en excluant des domaines spécialisés comme les arts et les sciences.

L'orthographe
Cette 1ère édition peut présenter des problèmes en raison de l'orthographe de l'époque. Comme l'accent circonflexe est rarement utilisé, la voyelle est suivie d'un "s" (ex: "fenestre" pour "fenêtre"). Et bien souvent où le français moderne écrit "é", la 1ère édition écrit "es" (ex: "répondre" est écrit "respondre", "écrire" devient "escrire"). Et en plus de l'évolution des conventions de l'orthographe établies au cours du temps, le choix des premiers Académiciens sur ce point reflète le souci de préserver l'information étymologique de leur dictionnaire:

 "L'Académie s'est attachée à l'ancienne Orthographe receuë parmi tous les gens de lettres, parce qu'elle ayde à faire connoistre l'Origine des mots. C'est pourquoy elle a creu ne devoir pas authoriser le retranchement que des Particuliers, & principalement les Imprimeurs ont fait de quelques lettres, à la place desquelles ils ont introduit certaines figures qu'ils ont inventées, parce que ce retranchement oste tous les vestiges de l'Analogie & des rapports qui sont entre les mots qui viennent du Latin ou de quelque autres Langue. Ainsi elle a écrit les mots Corps et Temps, avec un P, & les mots Teste, Honneste avec une S, pour faire voir qu'ils viennent du Latin Tempus, Corpus, et Testa, Honestus."

 

HISTOIRE du TEXTE : Dès ses débuts, l'Académie a estimé qu'écrire un dictionnaire de français qui ferait autorité devait être l'une de ses premières tâches. Comme la préface de cette édition l'explique:
"Aprés que l'Académie Françoise eut esté establie par les Lettres Patentes du feu Roy, le Cardinal de Richelieu qui par les mesmes Lettres avoit esté nommé Protecteur & Chef de cette Compagnie, luy proposa de travailler premierement à un Dictionnaire de la Langue Françoise, & ensuite à une Grammaire, à une Rhetorique & à une Poëtique".
Elle a satisfait à la première de ces obligations par la composition du Dictionnaire qu'elle donne présentement au Public, en attendant qu'elle s'acquitte des autres."

 

A l'époque où l'Académie résolut de rédiger son dictionnaire, deux couants opposés portaient le trouble dans les imprimeries : les unes modelaient leur orthographe sur le langue latine, les autres sur celle de nos vieux poëtes et chroniqueurs.

À la lumière de cette intense activité lexicographique, les Académiciens prenaient de grandes précautions à spécifier le caractère du dictionnaire et les sources de son autorité. Leur travail, écrit par les plus grands auteurs de la nation, voulait représenter la langue française dans son état de plus grande perfection. Le Dictionnaire de l'Académie a ainsi défini le bon usage de la langue française, mais en excluant des domaines spécialisés comme les arts et les sciences:
"C'est dans cet estat [de perfection] où la Langue Françoise se trouve aujourd'huy qu'a esté composé ce Dictionnaire; & pour la représenter dans ce mesme estat, l'Académie a jugé qu'elle ne devoit pas y mettre les vieux mots qui sont entierement hors d'usage, ni les termes des Arts & des Sciences qui entrent rarement dans le Discours; Elle s'est retranchée à la Langue commune, telle qu'elle est dans le commerce ordinaire des honnestes gens, & telle que les Orateurs & les Poëtes l'employent; Ce qui comprend tout ce qui peut servir à la Noblesse & à l'Elegance du discours."
En définissant son dictionnaire ainsi, l'Académie s'opposait aux plus importantes tendances de Richelet et de Furetière. Le Dictionnaire de l'Académie était un lexique normatif qui cherchait à légiférer les configurations d'utilisation du langage. La notion de pureté linguistique était l'un de ses principaux guides.

Le fait que ce dictionnaire a été composé par quarante des plus éminents hommes de lettres de France était une garantie majeure de son autorité, mais cela fut aussi un obstacle à son achèvement. Initialement, l'Académie avait confié la tâche au grammairien Vaugelas, mais à la mort de celui-ci le travail n'avait pas dépassé la lettre "C". On a alors décidé que le dictionnaire serait écrit collectivement, bien que ceci eût aussi ses désavantages. La préface fait référence, par exemple, aux interruptions des années de la Fronde quand certains des membres avaient quitté Paris. Ainsi, l'Académie n'a accompli aucun progrès régulier jusqu'en 1651. La composition a continué jusqu'en 1673, et fut suivie d'un long processus de révision:

"[...] On peut dire que c'est seulement depuis l'année 1651 que l'on y a travaillé sérieusement. La première composition en fust achevée vers le temps de la mort de Monsieur le Chancelier, qui arriva le premier jour de l'année 1673. Ce fut alors que le Roy ayant bien voulu se déclarer le Protecteur de l'Académie, & luy donner dans le Louvre l'appartement où elle tient ses assemblées, elle se vit élever au comble du bonheur dont elle jouït presentement. Elle a depuis travaillé regulierement trois fois la semaine deux heures par chaque seance, & elle ne s'est occupée à autre chose qu'à revoir ce qui avoit esté fait. Ce second travail n'a pas moins cousté de temps à l'Académie que le premier, & cela ne se peut pas faire autrement, à cause de la maniere de travailler des Compagnies en general & de l'Académie en particulier, où tous ceux qui la composent disent successivement leur avis sur chaque mot & ou la diversité des opinions apporte nécessairement de grands retardemens."

Les éditions suivantes sont apparues à peu près tous les vingt ans. Voyez aussi la présentation de la 5ème édition, laquelle surmonta le désarroi des années de la Révolution, et la présentation de la 6ème édition publiée en 1835.

 

Organisation de cette 1ère édition -- L'ordre des Racines

L'une des particularités de la 1ère édition du Dictionnaire de l'Académie est que tous les mots n'apparaissent pas dans l'ordre alphabétique. Dans leur préface, les académiciens expliquent pourquoi ils ont choisi de grouper les mots suivant leur racine étymologique:

"Comme la Langue Françoise a des mots Primitifs, & des mots Derivez & Composez, on a jugé qu'il seroit agreable & instructif de disposer le Dictionnaire par Racines, c'est à dire de ranger tous les mots Derivez & Composez aprés les mots Primitifs dont ils descendent [...]. Dans cet arrangement de Mots, on a observé de mettre les Derivez avant les Composez, & de faire imprimer en gros Caracteres les mots Primitifs comme les Chefs de famille de tous ceux qui en dependent, ce qui fait qu'on ne tombe gueres sur un de ces mots Primitifs qu'on ne soit tenté d'en lire toute la suite, parce qu'on voit s'il faut ainsi dire l'Histoire du mot, & qu'on en remarque la Naissance & le Progrez; & c'est ce qui rend cette lecture plus agreable que celle des autres Dictionnaires qui n'ont point suivi l'ordre des Racines."

En effet, en groupant les mots de cette manière, la 1ère édition met en lumière d'intéressantes affiliations entre les mots et révèle de nombreux liens historiques entre mots apparentés, qui seront perdus dans les éditions ultérieures du Dictionnaire de l'Académie. Ainsi, comme les auteurs l'avançaient, le texte est assez agréable à lire.
Mais cette organisation est aussi un peu frustrante, puisque, dans beaucoup de cas, il est difficile de localiser les mots spécifiques. L'édition de 1694 remédiait à ce défaut de deux manières. D'abord, un index à la fin de chaque volume donnait la racine propre à chaque mot, et ensuite, dans le texte même, de nombreux renvois orientaient le lecteur vers la rubrique appropriée. La deuxième édition (1718) adopta un plan strictement alphabétique.

 

Historique des dictionnaires de l’ACADÉMIE FRANÇAISE
(Accès direct en cliquant sur le dico bleuté)

 

1re édition (1694) in-folio

2e édition (1718) in-folio

3e édition (1740) in-folio 

4e édition (1762) in-folio & in-4° en 1778

5e édition (1798) in-4°

6e édition (1835) in-4°

7e édition (1878)

8e édition (1932-1935) in-folio

9e édition (1992-2011) (absente de dico-collection)

Je cherche cette édition en 3 volumes 

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La FONDATION de l'ACADÉMIE FRANÇAISE

Richelieu travaillait avec un zèle remarquable à ranimer le commerce, et à favoriser l'industrie et à faire fleurir les sciences et les arts. La tranquillité intérieure qu'il avait rétablie, en faisant respecter les lois, lui en facilitait les moyens. Il était impossible qu'un homme de cette trempe n'aperçut pas le mouvement qui, depuis la réformation, avait été communiqué à l'esprit humain ; et il voulut dès lors que les français fissent de nobles efforts pour devancer les autres peuples. 

La philosophie n'existait pas en France. L'ignorance et la crédibilité étaient généralement répandues dans toutes les classes de la société. On négligeait les pensées. On n'était pas instruit, mais on sentait le besoin  de l'instruction. La langue avait perdu une partie de sa rudesse et commençait à se perfectionner.

La langue nationale devint l'objet d'une étude plus assidue et s'éleva quelquefois jusqu'à l'éloquence. Balzac lui rendit des services éminents. Le cardinal Richelieu lui-même s'occupait de belles-lettres et préparait les conquêtes du génie français. Il savait que, sans la gloire des lettres, les nations n'arrivent jamais au premier rang.

Voici ce qu'il fait dire à Louis XIII, dans les lettres patentes de fondation de l'Académie française :

(...) Qu'après avoir fait tant d'exploits mémorables, nous n'avions plus qu'à ajouter les choses agréables aux nécessaires, et l'ornement à l'utilité. Que la langue française, qui jusqu'à présent, n'a que trop ressenti la négligence de ceux qui l'eussent pu la rendre la plus parfaite des modernes, est plus capable que jamais de le devenir... Que pour en établir des règles certaines, il avait ordonné une assemblée dont les propositions l'avaient satisfait ; si bien que pour les exécuter, et pour rendre le langage français, non seulement élégant, mais de traiter de tous les arts et toutes les sciences... Nous avons approuvé et qu'elle continue désormais sous le nom de l'Académie française.

(extrait le l'Histoire du Ministère du Cardinal de Richelieu)

 

 



25/08/2014
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