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1687-1688 MIEGE Guy - Le grand dictionnaire FRANÇAIS-ANGLAIS - XVII° siècle

Le grand dictionnaire FRANÇAIS-ANGLAIS en 2 parties et The Great FRENCH Dictionary.

 

 

Auteur: MIEGE Guy, Gent.

Editeur: printed by J. Redmayne, for Tho. Basset, at the George near St. Dunstan's Church in Fleet-street,
Volumes: 1 volume in-folio
Très ancien dictionnaire de traduction Français & Anglais.

Avec une Préface (à lire) sur l'Origine de l'Anglais, reproduite ci-dessous.

Année: 1687-1688

 

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L'auteur Miege en 1687 fait son dictionnaire : The Great FRENCH Dictionary. in Two Parts. The First, French and English; the Second, English and French; According to the Ancient and Modern Orthography. Wherein Each Language is Set Forth in its Greatest Latitude: the Various Senses of Words, Both Proper and Figurative are Illustrates with Apposite PHRASES and PROVERBES : The Hard Words Explained, and the Proprieties addjusted. To which are Prefixed The Grounds od Both Languages, in Two Grammatical Discourses, The one English ans the Other French. by Guy MIEGE, Gent.

 

Le grand dictionnaire FRANÇAIS. En deux parties. La première, le Français et l'Anglais ; la deuxième, l'Anglais et le Français ; Selon l'orthographe ancienne et moderne. Où chaque langue est expliquée avec le plus d'ouverture : les divers Sens des mots, au propre et au figuré, sont illustrés par des EXPRESSIONS justes et des PROVERBES : Les mots difficiles sont expliqués, et les convenances ajustées dans deux discours grammaticaux, l'un american national standard anglais l'autre Français. par Guy MIEGE, Gent. (traduction libre)

 

Miege (1644-1718) a fait ses études à Lausanne, et vers 1658, il est devenu académicien. Après plusieurs voyages en Europe, Miege se retrouve à Londres en 1678 comme professeur de Français et géographie. MIEGE critique le Cardinal Richelieu et son Académie trop figée, avec son dictionnaire, ils y ont laissé  trop d'irrégularités et non-sens. En 1678 Miege a édité une " Nouvelle grammaire française, ou une nouvelle méthode pour l'étude de la langue française". Et ce "Great Dictionary FRENCH" ; (1688) ressemble à la grammaire qui a paru dix ans auparavant mais avec des travaux plus récents. La plupart des règles sont différentes et le vocabulaire et les dialogues nouveaux. Il s'éloigne des vieilles habitudes qui présentent la déclinaison latine des noms de la grammaire française. Il trouve que l'Anglais doit beaucoup au Français. Selon Miege, le professeur de Français doit parler le beau français, en avoir de bonnes bases et avoir des compétences en Anglais, sans cela, il ne peut enseigner.  MIEGE a reconnu qu'il s'est inspiré du Dictionnaire Royal de Pomay OUVRAGE TRES RARE.

 

PREFACE sur l'Origine,

"les Beautez, l'Usage de l'ANGLOIS par Guy MIEGE" 

en vieux français, à lire vous y apprendrez des choses !

LORS que l'Empire Romain tomboit en decadence & que l'Italie etoit inondée de.Peuples, barbares, l'Empereur Honorius fut contraint d'abandonner l'isle de la Grande Bretagne, & d'en rappeler ses Légions, pour secourir le Cœur de l'Empire; .Dans ce Tems là les Noms d'Angleterre & d'Anglais etoient inconus. On appeloit les Natifs Bretons, & leur Langue la Langue, Bretonne ; qui se parle encore aujourd'hui dans le Païs de Galles, & dans la Bretagne Françoise. Ces pauvres Bretons, qui vivoient tranquillement sous l'Empire Romain, se virent bien tôt accablez d'Enemis aprês le Depart des Legions, & devinrent dans peu de tems la Proie des Saxons ; un Peuple qui etoit proprement de Holstein, dans la basse Saxe, Partie de l'Allemagne. Ils avaient déja entrepris diverses fois la Conquête des Bretons. Mais ils furent toujours repoussez, jusqu'au Tems de Vortiger, qui s'empara du Gouvernement.
Les Saxons dans ce Tems là s'etoient rendus formidables sur Mer. Vortiger les appela à son Secours, profita de leur Assistance. Il eut des egards pour eux, & leur fit present d'abord de l'Isle de Thanet, & quêque tems aprês de la Province de Kent. Ainsi ils se virent Maîtres d'une des meilleures , & des plus belles Provinces de cette Isle. Mais ce n'etoit pas assez pour des avides Conquerans, ils voulurent à toute force elargir leurs Limites. Leur Entreprise ne manqua pas de Succés. Ils firent si bien, qu'avec le tems ils chasserent les Bretons jusques au Païs de Galles. Et s'etant ainsi rendu Maîtres de la plus belle Partie de l'Isle, ils y établirent leur Langue, leurs Coûtumes, leurs Loix, & leur Religion. Là dessus ils partagerent ce Païs en sept Royaumes ; & c'est ce que les Historiens appellent l'Heptarchie , qui dura prês deux -cents ans. Egbert, Roi des Saxons Occidentaux, fut Celui qui par ses Conquêtes eut la gloire le reduire en Monarchie un Etat si divisé. Ce fut Egbert, qui lui donna là dessus le Nom d'Engel-lond, dans une Assemblée des Etats qui se tint à Winchester l'An 819. Mais ce Nom a eté depuis changé en England ; & c'est ce gue nous appellons en François, l'Angleterre.
C'est là proprement l'Origine des Anglois, & de leur Langue. Il est vrai que ce Païs fut dans la suite Conquis par les Danois, qui ont dominé bien long tems fur l'Angleterre. Mais, leur, langue n'etant qu'une Dialecte de l'Alleman, & par consequent ayant beaucoup de rapport à celle qui se parloit en Angleterre ; il est aisé de conclure, que le Danois n'y fit pas grand Changement. Aprês les Danois, l'Angleterre fut conquise par les Normans, l'An 1067. sous la Conduite de Guillaume  Duc de Normandie, surnommé le Conquerant. Qui ne se contenta pas d'y etablir les Loix de Normandie , mais voulut aussi y enraciner sa langue. Pour cet effet, il etablit par tout des Ecoles, afin qu'on apprît le Normand. Mais tout celai ne servit qu'a introduire quêques Mots de ce Païs là; & il arriva, qu'au lieu d'apprendre le Normand aux Anglois, ceux ci apprirent l'Anglais aux Normands.
Tout le Changement qui s'esl fait depuis ce Tems là est arrivé par le Commerce, par les Gens de Lettres, & par les Voyageurs. Qui, ne se contentant pas de puiser dans leur Source, ont introduit dans cette,Langue une infinité de Mots etrangers, que l'Usage a adoptez. Ces Mots là ,sont pour la plupart, en François, ou Latins. Ainsi la Langue Angloise , comme on la parle à present, est un Compofé sur tout de ces trois sortes de Langues, l'Alleman, le François, & le Latin. La premiere de ces trois l'emporte sur tout le reste, & il est à remarquer, que les Monosyllabes sont presque tous Allemans.

 

Deux Choses principalement contribuent à la Beauté d'une Langue; c'est d'être Copieuse, & Energique. A ces deux egards l'Anglois a sans contredit l'avantage sur la plupart des Langues de l'Europe. Il est infiniment copieux. Et cela vient de la Liberté que les Anglois se donnent , non je seulement d'adopter des Mots etrangers, mais aussi de former des Derivatifs & des Composez, quand l'Occasion s'en presente. L'Anglois est encore une Langue tout à fait Energique, & qui dit beaucoup de Choses en peu de Mots. C'est une  Langue riche en ses Expressions, & qui n'est pas sujette, comme la nôtre, à de grandes Circonlocutions. De la vient en partie, que les Auteurs Anglois ecrivent generalement en leur Langue. Ils la trouvent si energigue, qu'ils ne sauroient si bien exprimer leurs Conceptions dans une Langue etrangere. Leur Poësie sur tout est admirable, quand elle sort d'une belle veine. Vous n'y voyez rien que de grand; tout y est noble, mâle, vif, & de la derniere force. Il est vrai que la Langue Angloise, quêque raffinée qu'elle soit presentement, n'a pas toute la Douceur du François. Cependant il est certain , qu'elle ne paroit pas rude dans bouche des Anglois ; & encore moins dans celle des Angloises, qui la parlent avec tant de delicatesse, que les Oreilles les plus fines n'y trouvent rien qui les choque.

Au reste, je ne pense pas, qu'il soit fort necessaire de faire voir l'usage de cette Langue aux etrangers qui resident en Angleterre, dans leurs differentes Veuës. Ceux qui ne la parlent pas savent assez l'inconvenient qu'il y a; & la figure qu'on y fait, quand on l'ignore. De l'autre côté de la Mer, l'Anglois est d'un grand Usage, principalement pour entendre ces Auteurs savans d'Angleterre, qui se sont rendus si celebres par leur profonde Erudition, par leur Solidité, & par leur grande Penetration d'esprit.

 

Pour entendre l'Anglois simplement dans les Livres, il n'y a pas grand mystere. Un bon Dictionaire, avec quêques Regles generales de Grammaire, suffisent  pour cet effet. Au regard des Noms, la Difficulté, n'est pas grande, comme dans la Langue Latine. Ils ne font point embarassez d'une multitude de Genre de Cas, ni de Declinaisons. La Formation des Verbes n'est pas non plus fort difficile. Ils ont leurs Signes, qui distinguent les lems, sans varier les Terminaifons. A l'Infinitif le François se sert de trois Prepositions, de, à, & pour, dont l'Usage different n'est point du tout commode aux Etrangers. L'Anglois exprime tout cela par le seul Mot de to. Le François est encore incommode avec les Verbes Reciproques ; sur tout quand on s'en sert avec une Interrogation, & avec ces epineuses Particules, en, y, & ne, qui sont une peine incroy able aux Etrangers. L'Anglois n'a rien de tout cela. Il y a des Verbes Neutres, qui expriment aisément & en moins de Mots, le Sens de tous ces Verbes là. Les autres Parties d'Oraison ont aussi tres peu de Difficultez.
Pour apprendre à parler Anglois, j'avoue qu'il y en a trois qui paroissent d'abord insurmontables aux François, mais qui le sont pas pourtant. La premiere de ces Difficultez consiste dans certaines Prononciations, qui font particulieres à cette Langue ; de celles du ch, du th, du g, & l'j Consonne devant certaines Voyelles. La seconde est à l'egard de ceux qui apprennent à parler Anglois, par la Lecture des Livres. Elle consiste principalement dans l'Usage des Voyelles, & des Diphthongues, qui nous paroit un peu bizarre dans cette Langue. La Troisieme Difficulté consiste à bien placer l'Accent, sur tout dans Mots composez de plusieurs Syllabes. C'est en quoi manquent la plûpart des Etrangers les plus habiles la Langue Angloise; parce que cela ne s'apprend qu'avec bien de l'Attention, & une grande Routine, Ils ne prennent pas garde, que dans les grands Mots Anglois l'Accent se met souvent aux premieres Syllabes; comme en ces Mots, Tabernacle, Apoplexy, Apothecary, Methodically.
A ces Trois Difficultez on pourroit encore ajouter une quatriéme ; savoir les Idiornes de la Langue, ou ses propres Façons de parler, qui ne sont pas du Genie de la Langue Françoise. Mais, avec le secours de ce Dictionaire, on peut se tirer facilement de ces mauvais Pas.

1000-2000


25/08/2014
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